L'avis de... Ed Moisson, directeur de la recherche cross-border de Lipper

« Une très nette réorientation vers l'international »

le 28/04/2011 L'AGEFI Hebdo

L’appétit des investisseurs pour les fonds obligataires se confirme-t-il ?

Après déjà une bonne année 2009, les souscriptions sur les produits obligataires ont atteint 126 milliards d’euros en Europe, soit les plus élevées depuis 2005. Elles ont même représenté 45 % des ventes sur les produits long terme, les actions ne collectant que 83 milliards et les produits diversifiés, 60 milliards. Ce sont en particulier les sociétés de gestion internationales commercialisant des fonds transfrontaliers qui ont bénéficié de cet intérêt. Les ventes transfrontalières en Europe de fonds obligataires ont bondi de 74 % à 130 milliards l’an dernier. A l’inverse, le marché français a subi 2,7 milliards de retraits sur les fonds obligataires.

Quels sont les segments du marché obligataire qui ont bénéficié de ces flux d’investissement ?

La dette des pays émergents est la grande gagnante de l’année dernière. Les ventes nettes en Europe ont culminé à 56 milliards, contre un maximum de 20 milliards au cours des années précédentes. C’est une très nette réorientation puisque, auparavant, les souscriptions se concentraient sur les obligations zone euro. En outre, on peut ajouter que de très gros fonds obligataires globaux, fortement exposés sur la dette émergente, ont bénéficié de collectes importantes.

Le début de l’année 2011 confirme-t-il 2010 ?

La conjoncture a évolué. Après l’euphorie de l’année 2010, des investisseurs ont pris conscience de certains risques et se sont en partie retirés du marché de la dette émergente. La décollecte a atteint un milliard en février. A l’inverse, les obligations à haut rendement (high yield) avec une collecte de 11 milliards d’euros sur les deux premiers mois de l’année ont battu un record et ainsi poursuivi sur la lancée de 2010, au cours de laquelle leurs ventes se sont établies à une trentaine de milliards.

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