Entretien avec… Marc Samuel, directeur général adjoint de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild

« La transformation des avoirs en produits d’investissements reste faible »

le 03/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Vous avez récemment transféré votre gestion asiatique (hors Japon) à Hong-Kong. Comment avez-vous procédé ?

Nous avons lancé notre premier fonds actions chinoises en 1998, dont la gestion était assurée jusqu’au 1er septembre dernier à Paris. Or, le marché asiatique gagnant en profondeur, il nous a semblé indispensable d’y avoir une présence locale. La banque a progressé par étapes avec un leitmotiv : être visible par le marché et le régulateur chinois. En avril 2006, La Compagnie Financière Edmond de Rothschild obtenait de la CBRC (China Banking Regulatory Commission, NDLR) la possibilité d’installer un « Rep Office », bureau de représentation bancaire officialisant sur place son existence, et acquérait la licence QFII (Qualified Foreign Institutional Investor, NDLR), pour un montant initial de 100 millions de dollars lui permettant d’investir dans les actions domestiques cotées à Shanghai et Shenzhen. En février 2008, Edmond de Rothschild Asset Management Hong-Kong obtenait l’autorisation de la Securities and Futures Commission de gérer des fonds d’actions chinoises. C’est ensuite en septembre dernier que l’ensemble du pôle de gestion actions Asie hors Japon a été transféré à Hong-Kong. Les encours représentent aujourd’hui près de 2 milliards d’euros dont 500 millions d’euros en fonds QFII. Il aura fallu pour cela opérer durant plusieurs années un important travail de lobbying auprès des autorités de tutelle.

Cette zone est l’objet de toutes les convoitises. Certains espoirs de collecte ne seront-ils pas déçus ?

Il faut garder en tête que le marché de la gestion d’actifs en Asie ne représente pour l’instant que 10 % du marché mondial, auquel il convient de retrancher le Japon (3 %), un pays que l’on pourrait qualifier d’occidental en raison de sa maturité (forte bancarisation, marché institutionnel développé…). Malgré la capacité économique de la zone Asie et des réserves monétaires colossales principalement chinoises, la transformation des avoirs en produits d’investissements reste encore très faible. De nombreuses maisons de gestion regardent attentivement la région. Il leur faut, en attendant que ces flux soient réorientés, s’équiper et être présents auprès des acteurs et des régulateurs locaux.

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