Centenaire de L'Agefi - Volet 2

Le « Trafalgar » de la rente

le 03/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Sous la IIIe République, les épargnants français sont friands de titres à rendement fixe. Encouragés par les journaux, ils se jettent sur les emprunts d’Etat. Français mais aussi étrangers, ottomans, italiens, serbes et surtout russes. En 1914, les particuliers français détiennent l’équivalent de 37 milliards d’euros d’emprunts russes, soit 80 % de la dette publique du régime tsariste ! La Révolution d’octobre sera pour eux un naufrage. A peine installés, les Soviets refusent d’assumer les dettes du régime tsariste. A Paris, on n’y voit d’abord qu’ un simple contretemps. Clemenceau s’engage à assumer temporairement les obligations de la Russie et une loi à cet effet est votée début 1918. « Ce n’est qu’une avance », se rassure Yves Guyot dans les feuilles de dépêches de L’Agence économique et financière du 18 février 1918.

A cette époque, on croit encore que les choses peuvent rentrer dans l’ordre en Russie. En témoignent ces lignes d’Yves Guyot début 1918 : « Après le rétablissement de l’ordre en Russie (...), les questions particulières (la reprise du service des emprunts, NDLR) seront relativement faciles à résoudre. » L’Histoire, comme l’ont appris à leurs dépens des milliers de familles françaises, en décida autrement...

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