L’avis de… Katia Coudray, responsable de SYZ Fund Research

«Toutes les classes d’actifs ne peuvent pas facilement répliquées par un ETF»

le 13/02/2014 L'AGEFI Hebdo

Vous vous êtes penchée sur les performances délivrées par trois ETF répliquant l’indice MSCI Emerging Markets. Quelles sont vos conclusions?

Que ce soit l’ETF du promoteur Ishares (réplication physique) ou ceux de Lyxor AM et de Deutsche Bank (réplication synthétique), tous sous-performent l’indice de référence MSCI Emerging Markets sur cinq ans. A fin janvier 2014, les écarts de performance respectifs sont de -19,72 %, -12,5 % et -10,29 %. Les TER (total expense ratio) n’expliquent que partiellement cet écart puisqu’ils sont, respectivement, de 0,67 %, 0,55 % et 0,65 % par an.

Comment expliquer cette différence criante ?

Toutes les classes d'actifs ne peuvent pas facilement être répliquées par un ETF. C’est le cas des pays émergents, dont on pourrait croire que la réplication synthétique serait une méthode efficace… Les raisons de ces résultats décevants sont multiples. Côté produits physiques, l’utilisation, en lieu et place des titres domestiques, de certificats américains de dépôts d’actions (american depository receipts, ADR) et de certificats internationaux de dépôts d’actions (global depository receipts, GDR) qui remplissent les critères de taille, de liquidité et de pondération de l’indice répliqué, amène à un écart de performance parfois important avec les titres initiaux. Les écarts constatés sont notamment considérables pour certains titres russes. En outre, quel que soit le mode de réplication, la multiplication des fuseaux horaires la rend imparfaite, la fourchette achat/vente est écartée, sans omettre l’impact des devises locales et leur volatilité.

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