L’avis de… Thierry Méquillet, senior executive officer en charge des coentreprises asiatiques chez Amundi

« Tout le monde fera les mêmes produits, il n’y a plus de domaine réservé »

le 27/06/2013 L'AGEFI Hebdo

Comment définir l’industrie des fonds en Chine ?

Le développement s’est opéré de façon rapide jusqu’en 2007. A partir de là, les fonds, majoritairement exposés aux actions, ont affiché des performances décevantes et l’industrie a calé. Depuis lors, les actifs sous gestion sont quasiment au même niveau. Le marché de l’asset management est dominé par les particuliers, ce qui lui confère une forte volatilité, et un fonds chasse l’autre. A ce jour, faute de véhicules adaptés, les institutionnels pèsent seulement pour 10 % des actifs sous gestion (hors mandats de gestion, NDLR). Cette industrie a par ailleurs cédé des parts de marché aux banques et trust companies qui commercialisent auprès de leur clientèle des wealth management products. Ces produits structurés sont adossés à différents sous-jacents aux risques inégaux et comportent, pour une part importante, des prêts bancaires. Aujourd’hui, environ 70 maisons de gestion se partagent le marché de l’asset management, et les grandes banques domestiques assurent 70 % de la distribution des produits. C’est donc un marché difficile : tous les participants disposent des mêmes circuits de distribution. On assiste à une pression sur les coûts de distribution imposée par les banques, et par conséquent à une érosion des marges, même s’il est vrai que leur niveau initial était élevé.

La loi du 1er juin est-elle réellement une source d’opportunités pour les maisons de gestion ?

Cette évolution réglementaire est un big bang dans le paysage. En effet, tout le monde pourra faire les mêmes produits, il n’y a plus de domaine réservé. Ainsi, un gestionnaire pourra proposer des wealth management products sous réserve de l’obtention d’un agrément de la CSRC (China Securities Regulatory Commission, NDLR), et les banques, assureurs, brokers pourront créer leur société de gestion. Cette législation s’inscrit dans la volonté du gouvernement de stimuler cette industrie qui viendrait participer au financement de l’économie chinoise soutenue aujourd’hui par les banques. Si la compétition s’accroît, la base de produits se trouve élargie et les gestionnaires étrangers ayant créé une coentreprise avec une banque locale disposent d’un accès précieux à son réseau de distribution. Les opportunités sont donc là. De plus, les Chinois disposent d’une épargne abondante en raison d’un système de protection sociale peu performant. Or la stratégie de la Chine est d’assurer la poursuite de la croissance par la consommation. La masse des dépôts bancaires devrait diminuer, les ménages à la recherche d’une épargne mieux rémunérée pourraient s’orienter vers les fonds d’investissement.

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