L'avis de... Caroline Newhouse, économiste à BNP Paribas

Tout est favorable à Angela Merkel

le 29/08/2013 L'AGEFI Hebdo

Quels sont les enjeux des élections allemandes ?

On a le sentiment que la campagne ne démarre pas parce que les jeux sont faits à l’avance. Il est vrai que l’économie allemande est saine avec un budget à l’équilibre, un chômage relativement bas et une croissance qui rebondit comme on l’a vu au second trimestre. Par ailleurs, la plate-forme électorale de la CDU, le parti d’Angela Merkel, a coupé l’herbe sous le pied des sociaux-démocrates du SPD en ratissant le plus largement possible dans le domaine social. C’est un programme tellement consensuel que même les électeurs potentiels du SPD peuvent y trouver leur compte.

Tout est donc favorable à une réélection d’Angela Merkel.

L’avance de la CDU dans les sondages ne suffira pas pour gouverner seule. Quels sont les partenaires possibles d’Angela Merkel ?

Manifestement Angela Merkel ne pense pas que son allié actuel, les libéraux du FDP, obtiendront les 5 % de voix nécessaires pour entrer au Bundestag. La plate-forme de la CDU ne fait plus mention de ce parti. Il n’est donc pas impossible que l’Allemagne soit à l’avenir dirigée par une Grande coalition entre CDU et SPD. Pour Angela Merkel ce ne serait pas une nouveauté car elle a déjà dirigé

une telle alliance entre 2005 et 2009.

Faut-il s’attendre à une autre politique européenne ?

Quelle que soit l’issue de ces élections, l’Allemagne n’abandonnera pas sa politique de rigueur budgétaire. Il ne faut donc pas s’attendre à un tournant dans la construction européenne, ni dans la stratégie de sortie de crise en zone euro. Pas question d’émettre des eurobonds pour soutenir les pays endettés. Il n’en est même pas fait mention dans les plate-formes ni de la CDU, ni du SPD. Mais, l’Allemagne ne se montre pas moins coopérative. On assiste actuellement outre-Rhin à un rééquilibrage de l'économie qui repose plus sur une relance de la consommation intérieure que sur les exportations. Déjà le rattrapage sur les salaires a donné un sérieux coup de pouce

à la consommation privée, plus important qu’on ne l’attendait. L’introduction promise par les grands partis d’un salaire minimum

va aussi soutenir la consommation domestique. Il en va de même des propositions faites par la CDU en faveur

des familles et des mères. Et compte tenu

de la bonne marche de l’économie, le pays

a les moyens de supporter ces mesures.

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