L'avis de... Claudia Panseri, stratégiste actions de Société Générale Private Banking

« Tokyo est le marché boursier développé doté du plus fort potentiel »

le 23/01/2014 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi le Dax est-il votre indice préféré au sein de la zone euro ?

Nous pensons que l’indice allemand va surperformer les autres indices européens car l’Allemagne est le pays de la zone euro où les anticipations d’inflation sont les plus fortes. La politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), trop restrictive pour l’Espagne et l’Italie, est, en revanche, trop expansionniste pour l’Allemagne. Suivant la règle de Taylor (permettant de déterminer à quel niveau la banque centrale doit fixer son taux directeur au regard de l’évolution de l’inflation, de l’emploi et de l’écart entre le PIB et son niveau potentiel), le taux directeur européen est bien trop bas pour l’économie allemande. Ce terrain est propice à la revalorisation des actifs, à la montée des prix de l’immobilier mais aussi des marchés boursiers. Nous ciblons surtout les entreprises allemandes qui ont l’intention d’investir, notamment dans la technologie. Elles bénéficient à l’export d’un faible taux de change effectif et du renforcement de la croissance aux Etats-Unis.

La multiplication des rachats d’actions immunise-t-elle le marché américain contre la baisse ?

Certaines années, les montants de rachats d’actions entrepris par les sociétés américaines sont très élevés (voir graphique). Ils permettent effectivement de maintenir les actions à un prix plancher pendant toute la durée de mise en œuvre des programmes – ce qui s’est observé en 2012 et 2013 –, allant souvent de douze à quinze mois. La plupart du temps, leur lancement s’explique par la volonté des directeurs financiers d’optimiser la rentabilité du capital. C’est pourquoi, il n’est guère étonnant qu’en cette période de taux bas, cette pratique soit courante.

Qu’attendez-vous du marché boursier japonais cette année ?

C’est le marché boursier développé doté du plus fort potentiel et nous le surpondérons. Nombre d’investisseurs parient désormais sur la réussite d’un retour durable à l’inflation, un facteur favorable à l’appréciation des actions. Dotées de rendements à deux chiffres, ces dernières sont encore largement décotées.

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