Le tableau de bord très noir de l'économie française

le 23/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Hémorragie. Lentement mais sûrement, l'économie française glisse vers le sud de la zone euro. La croissance nulle qui prévalait du printemps 2011 au printemps 2012 a laissé la place depuis un an à une récession. L'explication « technique » d'une entrée en récession (deux trimestres négatifs de suite) début 2013 fait sourire. Le résultat de +0,1 % du troisième trimestre 2012 (seul chiffrage positif sur les cinq derniers trimestres) était dû à la contribution positive du commerce extérieur, signifiant que les exportations se maintenaient beaucoup mieux que les importations. Ces dernières confirmaient la baisse de la consommation des ménages depuis plusieurs trimestres déjà (-0,4 % en 2012), un fait rarissime en France. La baisse de la consommation est elle-même parallèle à la chute du pouvoir d'achat (-0,9 % sur un an ), la baisse du taux d'épargne étant insuffisante pour contrecarrer le repli des achats des Français. Elle correspond à l'emploi marchand en phase de destruction avec 135.000 postes disparus sur les douze derniers mois. Du côté de l'offre, la production manufacturière accuse le coup (-4,2 % en un an) et les chefs d'entreprise du secteur manufacturier ont révisé l'évolution de leurs projets d'investissements de +5 % en janvier à -4 % en mai. Enfin, la désinflation s'accélère avec, en avril, une hausse des prix de 0,7 % sur les douze derniers mois (0,4 % pour l'indice sous-jacent).

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