Swiss Life AM renforce ses atouts pour séduire la clientèle externe

le 02/02/2012 L'AGEFI Hebdo

La compagnie s’est dotée d’une entité dédiée à la gestion pour compte de tiers, activité qui doit représenter 20 % de ses encours totaux en 2015.

Swiss Life Asset Management (AM) passe à la vitesse supérieure pour conquérir une clientèle externe. Début décembre, la société de gestion, filiale de l’assureur suisse, a mis en place une équipe nouvelle dédiée exclusivement à la gestion pour compte de tiers. Nom de code : TPAM (Third Party Asset Management). « Il s’agit d’une nouvelle unité transfrontière disposant de 75 personnes en France, en Suisse et prochainement en Allemagne, explique Jean-Pierre Grimaud, président de Swiss Life AM et responsable de cette structure. L’idée est d’utiliser les expertises des différentes entités de gestion d’actifs du groupe pour accélérer notre développement pour compte de tiers. »

Nouveau plan stratégique

Swiss Life AM ne part pas d’une page blanche. En 2009, la compagnie avait déjà lancé, en toute discrétion, un plan de développement à trois ans pour séduire les clients externes. L’objectif était double : multiplier par deux les encours et tripler la rentabilité de cette activité à horizon 2012. Un pari gagné. « A fin juin, nous avions 15 milliards de francs suisses (environ 12,4 milliards d’euros, NDLR) d’encours, contre 6 milliards en 2009, et nous avons multiplié par 3,5 notre rentabilité, avance Jean-Pierre Grimaud. Nous devons maintenant écrire la page suivante de notre histoire. » A l’été 2011, la direction de l’assureur lui a d’ailleurs demandé de plancher sur les moyens à mettre en œuvre pour renforcer ce pôle de gestion pour compte tiers, « ce qui a conduit à la création de cette entité spécifique, précise-t-il. Nous travaillons maintenant à l’élaboration d’un plan stratégique pour la période 2013-2015, en ligne avec celui du groupe ». Jean-Pierre Grimaud ne dira rien sur ces objectifs chiffrés. Toutefois, alors qu’elle pèse actuellement 13 % des 110 milliards de francs suisses d’actifs gérés par Swiss Life Asset Management, « la gestion pour compte de tiers doit représenter 20 % des encours globaux dans les trois prochaines années », reconnaît-il.

Cap sur l’immobilier

Pour y parvenir, le gérant d’actifs entend s’appuyer sur ses forces, à savoir la gestion de taux, l’allocation d’actifs et surtout la gestion immobilière, une expertise renforcée par l’acquisition, au printemps 2011, de 60 % du capital de Viveris Reim. « Cette opération nous permet de développer une offre pour compte de tiers, reconnaît Jean-Pierre Grimaud. C’est à partir de cette offre et de celle de Swiss Life Property Management en Suisse que nous sommes capables de monter un fonds immobilier luxembourgeois qui pourra également être commercialisé en Allemagne. » De fait, Swiss Life AM a déjà enregistré de beaux succès en gestion immobilière, ayant souscrit en Suisse plus d’un milliard de francs suisses auprès des tiers en l’espace de deux ans.

Pour donner davantage de poids à la gestion pour compte de tiers, la nouvelle entité va concentrer ses efforts sur la clientèle retail, en accompagnement des produits d’assurance de sa maison mère tout en ciblant en parallèle les banques privées et les conseillers en gestion de patrimoine. La compagnie compte également pousser les feux auprès des institutionnels. « En Suisse, nous ciblons surtout des fonds de pension et quelques compagnies d’assurances, confie-t-il. En France, nous nous concentrons sur les caisses de retraite, les mutuelles, les assureurs et les entreprises. » Des réflexions sont en cours pour s’attaquer au marché des institutionnels en Allemagne, où l’activité pour compte de tiers n’a pas encore démarré. « Il faut d’abord identifier le bon segment de clientèle, poursuit-il. Dans l’avenir, on peut aussi envisager d’aller dans des pays où l’épargne est en fort développement, comme l’Asie ou l’Europe de l’Est où nous avons déjà le réseau de notre filiale AWD. Mais aucune décision n’a été arrêtée. » En outre, à l’heure où certaines banques et compagnies d’assurances se désengagent de la gestion d’actifs, Swiss Life AM n’exclu pas de procéder à des acquisitions. « Si cela a du sens, nous pourrions en effet réaliser des acquisitions, et pas seulement en France », admet Jean-Pierre Grimaud.

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