L'avis de... John M. Damgard, président de la Futures Industry Association (FIA)

« Un ‘swap’ compensé est un nouveau produit »

le 21/07/2011 L'AGEFI Hebdo

Vos membres ont-ils commencé à faire des changements opérationnels à cause de Dodd-Frank ?

Oui. Ils ont déjà dépensé des millions de dollars en anticipation des nouvelles exigences. Cet argent est utilisé pour construire une nouvelle technologie de traitement des transactions et des systèmes de gestion du risque, établir une connectivité avec les chambres de compensation et informer les clients. Un swap compensé est un nouveau produit. Par exemple, si vous êtes une société de gestion, vous devez modifier vos accords avec vos clients et ouvrir de nouveaux comptes bancaires à cause des règles de ségrégation du collatéral. Les chambres de compensation doivent aussi établir des règles pour ces produits différents des futures et des options. Pour les clients, le tableau est mitigé. Certains utilisateurs finaux se retiennent en attendant les règles définitives. D’autres pourraient bien décider de ne plus entrer dans certains swaps si le coût des appels de marge est trop élevé. D’autre part, certaines sociétés comme les hedge funds se réjouissent de ces changements parce qu’elles auront accès à plus de produits. Certains hedge funds demandent déjà à leurs courtiers de compenser leurs transactions.

Que pensez-vous des règles proposées pour les chambres de compensation ?

Celles-ci concentreront plus de risques, donc les régulateurs doivent faire attention à ne pas altérer leur discipline de gestion. Prenez par exemple la question des exigences pour les membres. Nous soutenons l’idée d’avoir plus de sociétés dans la compensation, mais tout le monde ne peut pas devenir membre d’une chambre. Les membres doivent avoir les ressources financières suffisantes, l’expertise produit et les capacités opérationnelles nécessaires en cas de défaut. Notre principale inquiétude est que les règles proposées sont trop prescriptives. Cela pourrait étouffer la concurrence et l’innovation. Les régulateurs devraient établir les principes fondamentaux et ensuite s’assurer que les chambres s’y conforment.

Allez-vous attaquer en justice la règle sur les limites de position ?

Nous avons averti la Commodity Futures Trading Commission que cette règle risquait d’être attaquée parce qu’à notre avis, ils n’ont pas le pouvoir de fixer des limites de position sans avoir conduit une étude pour montrer qu’elles sont nécessaires. Mais cela ne veut pas dire que la FIA le ferait, nous ne sommes pas un acteur du marché. Sur le principe, nous sommes opposés à des limites fixées arbitrairement par les régulateurs. Bien trop souvent, ceux-ci sont sous pression pour utiliser des limites de position en vue de réduire la spéculation. Si les gens pensent que réduire la spéculation va réduire le prix du pétrole, ils se trompent lourdement.

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