L'avis de... Philippe Haudeville, secrétaire général de l’Association française des investisseurs institutionnels (AF2I)

« Les substituts doivent être significatifs et de portée mondiale »

le 30/08/2012 L'AGEFI Hebdo

Quelle est votre appréciation du système de notation actuel ?

Les notes des agences représentent un élément de la chaîne de sécurité qui facilite et conforte les choix des investisseurs. Certes, en corollaire, les investisseurs sont sensibles à tout défaut du système, qu’il s’agisse d’une erreur ponctuelle ou d’un biais systématique. Autre difficulté majeure, la référence faite par les réglementations prudentielles aux seules notes provoque des effets automatiques, une fois franchis

certains seuils.

Comment éviter la dépendance excessive aux agences ?

Retirer les références aux notations extérieures suppose que régulateurs et investisseurs caractérisent les sous-jacents en termes de solvabilité et trouvent des substituts aussi significatifs et internationalement comparables. L’AF2i travaille beaucoup sur ces questions d’alternatives à la notation mais sans réel appui, pour l’instant, du côté de la recherche académique. L’idéal est de développer un processus de notation interne, mais cela restera réservé aux grands institutionnels. La création d’agences spécialisées sectoriellement, et petites par définition, représente aussi une partie de la solution.

Quel intérêt présente le projet actuel de règlement européen sur les agences ?

Il existe de fait une régulation mondiale, l’ensemble des acteurs - agences, investisseurs et régulateurs - s’accordant jusqu’ici pour garder une notation de portée mondiale. La régulation européenne ne doit pas remettre en cause ce qui constitue une vraie force pour les investisseurs et ce consensus implicite. En outre, à présent, nous trouvons les agences beaucoup plus réceptives qu’on ne le dit à des propositions et à la poursuite de réformes positives.

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