Une structure de frais pénalisante

le 20/06/2013 L'AGEFI Hebdo

C'est l'effet pervers de l'avantage fiscal : principalement centrés sur la réduction de leur impôt, les souscripteurs sont moins sélectifs sur les FCPI* et les FIP* que sur d'autres placements financiers. « Certaines sociétés de gestion conçoivent leurs produits pour collecter plutôt que pour délivrer de la performance, confirme Michel de Lempdes, coresponsable du capital-risque chez Omnes Capital. Cela se traduit par des frais de gestion très élevés qui permettent des rétrocessions plus importantes pour le distributeur mais qui pénalisent d’autant la performance globale du fonds. » A terme, c'est l'assurance d'une performance plus faible pour le client. Ces frais trop élevés ont déjà été pointés du doigt par un rapport de l'Inspection générale des finances en 2009. « Le coût de l'intermédiation est effectivement important. Les frais de gestion atteignent en moyenne 4 % pour les FCPI et les FIP alors qu'ils sont de l'ordre de 2,5 % pour les FCPR*. La différence tient pour l’essentiel aux frais de distribution auprès du public, explique Hervé Schricke, président du directoire de XAnge Private Equity et ex-président de l'Afic (Association française des investisseurs pour la croissance). L’Afic a d’ailleurs publié un Livre blanc sous ma présidence recommandant de limiter ces frais. » L'association compte désormais sur les pouvoirs publics pour les réglementer afin d'éviter les abus (lire l'entretien).

*FCPI : fonds commun de placement dans l’innovation ; FIP : fonds d'investissement de proximité ; FCPR : fonds commun de placements à risques.

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