Des stratégies de gestion diversifiées

le 10/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Avant la faillite de Lehman Brothers, le marché comptait 60 % à 70 % d’investisseurs « arbitragistes » sur les émissions d’obligations convertibles (OC), le solde étant composé d’investisseurs directionnels. La proportion est aujourd’hui inversée. « L’arbitrage est devenu très difficile à rentabiliser sur la totalité d’un fonds avec le renchérissement des frais (passés de 25 à 100 points de base environ, NDLR) liés aux leviers qu’utilisaient auparavant ces ‘hedge funds’ », analyse Jean-Edouard Reymond chez UBI. « Après une forte décollecte, cela semble un peu repartir aux Etats-Unis », nuance Emmanuel Martin chez Acropole AM, dont le fonds dédié n’a pas été abandonné. Mais c’est le plus souvent via des fonds mixtes.

Les décotes démesurées liées aux « flux sortants » sur ce petit marché début 2009 ont attiré des fonds obligataires traditionnels, peu concernés par les options et actions sous-jacentes. Même des « puristes » comme UBI puis Acropole AM ont lancé des véhicules ouverts spécialisés, et affiné leur approche « obligataire ». « Nous avons aussi créé un fonds fermé de ‘recovery’ en mars 2009, liquidé six mois plus tard car il avait atteint la limite de performance prévue de 30 % », explique Antony Vallée chez JPMorgan AM. Lui qui gère par ailleurs des fonds mondiaux (pour 6,3 milliards de dollars) constate une diversification des stratégies directionnelles possibles, liées à une base d’investisseurs élargie et au profond changement de la nature du gisement depuis 2008. Certains comme Acropole AM se remettent même, dans un contexte de volatilité sur options normalisée, à proposer des OC « répliquées » (ou « synthétiques ») pour suivre des large caps comme Total ou des secteurs non couverts. Et la perspective de voir encore remonter un peu la « sensibilité actions » des convertibles pourrait justifier, sous réserve de l’accord des investisseurs, de voir des fonds « actions » ouvrir des poches spécifiques pour l’avenir...

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