Dossier spécial Fund Forum 2011

Le SRRI, nouvel indicateur star du KIID

le 23/06/2011 L'AGEFI Hebdo

L’indicateur synthétique de risque et de performance permettra aux investisseurs de comparer la totalité des fonds européens suivant une même méthodologie de calcul.

Encore un nouveau sigle avec lequel il va falloir se familiariser : le SRRI pour synthetic risk and reward indicator ou indicateur synthétique de risque et de performance. Cette donnée, basée sur un calcul de volatilité, doit en effet figurer dans le document d’information clé pour l’investisseur (KIID) à partir du 1er juillet 2011. Ce ratio est un nombre entier compris entre 1, pour les fonds les moins risqués, et 7, pour les plus volatils. Objectif : permettre aux investisseurs de comparer la totalité des produits du marché sur une même échelle de risque, quel que soit le pays d’origine du fonds. Les particuliers sont les premiers visés puisque les investisseurs institutionnels bénéficient par ailleurs d’autres outils techniques leur permettant d’appréhender le degré de risque d’un produit.

Basé sur la volatilité

La réglementation définit précisément la méthode de calcul du SRRI pour les market funds, représentant la grande majorité du marché, par opposition aux fonds structurés, total return ou de performance absolue bénéficiant de règles spécifiques. Ainsi, le SRRI est basé sur la volatilité calculée sur cinq ans glissants reposant sur des performances hebdomadaires, puis ramenée à une base annualisée. « Lorsque le fonds n’a pas cinq ans d’ancienneté, il faut compléter l’historique par les rendements d’un ‘proxy’, qui peut être son indice de référence ou un portefeuille comparable », précise Xavier Gadek, responsable performance et GIPS chez Natixis Asset Management.

Pour les fonds plus atypiques, comme les produits structurés ou de performance absolue, la méthode de calcul est différente. Elle fait dans certains cas appel à la Value-at-Risk (VaR). « Pour ces produits, plusieurs cas spécifiques supposent une analyse approfondie du calcul du SRRI pour veiller à la cohérence d’ensemble, explique Nicolas Calcoen, directeur de la stratégie et du développement d’Amundi, qui travaille depuis l’automne 2010 sur le développement du KIID et le calcul du SRRI. Cette nouvelle réglementation a un impact considérable sur les systèmes d’information pour automatiser le traitement des données dans les nouveaux formats définis et le suivi permanent requis. »

Les grandes sociétés de gestion mettent en œuvre les moyens nécessaires pour calculer et suivre ce SRRI en interne. C’est ainsi le cas de Natixis AM : « Nous avons notre propre indicateur de risque sur une échelle de 1 à 10, indique Xavier Gadek. Il nous faut l’ajuster pour l’adapter au calcul du SRRI afin d’en généraliser l’application. » La société de gestion a commencé à calculer des SRRI dès la mi-février, pour pouvoir produire un KIID pour 100 à 200 fonds sur un total de 800 OPCVM concernés, dès le 1er juillet 2011.

Les sociétés de gestion peuvent aussi déléguer le calcul du SRRI à leur administrateur de fonds, dans le cadre de la réalisation du document d’information clé pour l’investisseur. « Plus que le calcul du SRRI en tant que tel, la complexité réside dans la qualité des données utilisées pour le calculer, relève Laurent Vidal, directeur du développement commercial de State Street Global Services. Il faut non seulement récupérer les données, mais également les contrôler, assurer leur intégrité et leur cohérence. Les administrateurs de fonds, habitués à manier des milliers de données, sont particulièrement bien placés pour réaliser ce calcul dans de bonnes conditions. »

Mise à jour régulière

La complexité du SRRI réside aussi dans son suivi : il ne suffit pas de le calculer une fois par an pour mettre à jour le KIID. En effet, une société de gestion doit suivre l’évolution de cet indice chaque semaine. Si un changement de note s’installe pendant seize semaines consécutives, elle devra rééditer un nouveau KIID. Mais le phénomène devrait rester marginal : « La volatilité servant de base au calcul du SRRI étant prise en compte sur cinq ans, l’effet de base pourra être important, remarque Xavier Gadek. De plus, les intervalles de volatilité permettant de passer d’une note à une autre sont larges. Le SRRI d’un fonds devrait donc a priori rester stable dans le temps, sauf en cas de changement de processus de gestion ou de changement de volatilité des marchés. »

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