La spécificité des marchés américains et britanniques

le 14/06/2013 L'AGEFI Hebdo

Distribuer des fonds français aux Etats-Unis peut se révéler un véritable casse-tête. Pour cela, une société étrangère doit au préalable obtenir un PAA (participating affiliate arrangement), un imposant cahier des charges fourni par la SEC (Securities and Exchange Commission). «Comme d’autres sociétés, nous y réfléchissons très sérieusement,admet Joseph Pinto, responsable du marketing et de la stratégie d’investissement chez Axa IM.Mais les coûts d'entréesont élevés et le marché très concurrentiel. Dès lors, nous envisageons de faire référencer sur le sol américain nos meilleurs produits de gestion, afin de rentabiliser au mieux nos investissements».

Le jeu en vaut la chandelle à en croire Natixis GlobalAM, entré sur le marché américain à la faveur de l’acquisition de Nvest en 2001.«Pour NGAM, il est quatre fois plus rentable que le marché européen, grâce notamment à une part du ‘retail’ plus importante. Donc même si le coefficient d’exploitation est moins bon, les marges nettes sont meilleures»,souligne Pierre Servant, son directeur général. Au Royaume-Uni, la situation est également particulière. D’abord, le marché des institutionnels est tenu par les consultants. Ils interviennent sur plus de 80% des échanges (30% en France). Le marchéretailest quant à lui scindé entre les IFA (independent financial advisors- équivalent des CGPI) qui engrangent 50% des encours et les réseaux bancaires. Les premiers sont très attachés aux fonds d’origine britannique (les OEIC) mais pas forcément les réseaux bancaires. Se développer en Grande-Bretagne nécessite donc de s’appuyer sur deux stratégies: des fonds locaux et des fonds transfrontaliers (Luxembourg ou Dublin).

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