L’avis de… François Dubrau, directeur services d’investissement et réglementation financière chez Eurogroup Consulting

« Les sociétés de gestion vont devoir repenser leur modèle économique »

le 17/11/2011 L'AGEFI Hebdo

Comment expliquez-vous les difficultés des filiales bancaires ?

La tendance de fond n’est pas bonne pour l’industrie, tant en raison du contexte des marchés financiers que de la volonté des banques - renforcée par Bâle III - d’orienter l’épargne vers des produits de bilan. A cela s’ajoute la frilosité des investisseurs. D’autre part, avec la remise en cause des rétrocessions de commissions proposée par la directive MIF II (Marchés d’instruments financiers, NDLR), l’architecture ouverte devrait être favorisée. Les sociétés de gestion vont donc devoir repenser leur modèle économique car nous n’aurons vraisemblablement plus les mêmes niveaux de collecte que par le passé.

Ce métier a-t-il encore un avenir au sein des banques ?

Il n’est pas certain que les états-majors des banques considèrent dans ce contexte que la gestion d’actifs reste au cœur de leur métier. Dans un passé récent, certaines banques se sont posé la question. Dans les pays anglo-saxons, les sociétés de gestion d’actifs sont le plus souvent indépendantes. En France, le modèle est différent, reposant sur le concept de banque universelle. Mais on peut s’interroger sur le sens de cette démarche. Tout va finalement dépendre de la rentabilité de cette activité.

Doit-on s’attendre à davantage de rationalisation ?

Depuis 2008, on a assisté à un mouvement de réduction des coûts. Ainsi, les sociétés de gestion sont aujourd’hui mieux armées : malgré la baisse de la collecte et des encours, ce métier est encore rentable. Aujourd’hui, la réponse à cette question dépendra des conséquences des difficultés de la Grèce et de l’Italie. S’il y a un vrai souci sur la dette italienne et que les établissements cherchent de l’argent, il y aura sans doute des questions fondamentales sur le portefeuille d’activités. Toutefois, malgré la crise financière, il n’y a pas eu jusqu’ici de mouvement de consolidation d’ampleur, même si des dossiers significatifs ont été présentés sur la place, comme Pioneer.

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