L’avis de... Yann de Saint Meleuc, directeur du pôle finance d’Euroland Consulting

« Les sociétés de gestion ont réalisé des investissements majeurs »

le 15/03/2012 L'AGEFI Hebdo

En quoi la gestion des données avance-t-elle chez les gérants ?

Les sociétés de gestion n’ont pas attendu Bâle III et Solvabilité II pour s’intéresser à la qualité de leurs données. Le coût de l’informatique est toujours en hausse et le poids des dépenses d’achats de données financières ne cesse de progresser. Selon le benchmark CoSIAM (Coût du système d’information en asset management, NDLR) des coûts des systèmes d’information mené chaque année par Euroland Consulting, le coût des données financières fournies par les diffuseurs de données représente en 2010 en moyenne un tiers des coûts informatiques d’un gérant. Le renchérissement de la facture et la nécessité de fournir des comptes rendus de qualité à leurs clients les incitent aujourd’hui à se pencher avec une grande rigueur sur ces questions et à rationaliser leurs achats et leur gouvernance des données.

La qualité des données est-elle un argument commercial auprès des institutionnels ?

Les sociétés de gestion ont réalisé des investissements majeurs dans la qualité de leurs données et en font aujourd’hui la promotion auprès de leurs clients, en particulier institutionnels. Assureurs et mutuelles, jusqu’alors préoccupés par la qualité des données concernant leur passif, découvrent en effet avec Solvabilité II le risque lié aux données concernant leurs actifs : leur qualité a un impact en termes d’évaluation du risque opérationnel (Orsa1) et de précision du calcul des ratios de solvabilité SCR2/MCR3. De plus, la démarché visant à rendre les fonds plus transparents, qui impose de détailler le risque lié à chaque ligne des portefeuilles d’OPCVM, a fait exploser la quantité de données à fournir aux clients institutionnels.

1- Own Risk and Solvency Assessment ; 2- Solvency Capital Requirement ; 3- Minimum Capital Requirement

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