Société Générale accélère sa mue par la gestion d’actifs

le 30/08/2012 L'AGEFI Hebdo

Si elle doit lui permettre d’atteindre les objectifs de ratios de Bâle III, la cession récente de TCW confirme la sortie de la banque de ce métier.

Société Générale franchit une étape majeure de son programme de transformation. Après les cessions de portefeuilles de prêts et d’actifs financiers, le groupe français a entériné, le 9 août, la vente de sa filiale américaine TCW au fonds d’investissement Carlyle et aux dirigeants de la société de gestion d’actifs. Une opération saluée par le marché qui attendait Société Générale sur sa capacité à tenir ses engagements en matière de réduction de bilan et de renforcement de sa solvabilité. « Nous avons attendu longtemps que le groupe démontre son engagement sur ce terrain par une quelconque cession d’activités », relève ainsi Pascal Decque, analyste chez CA Cheuvreux. « La vente de TCW est une bonne nouvelle et montre que Société Générale est sur la bonne voie », observe pour sa part Flora Benhakou, analyste chez Deutsche Bank. A l’instar de nombreuses banques européennes, Société Générale est engagée dans une course au renforcement de son capital pour respecter la future réglementation Bâle III. Avec un objectif : atteindre un ratio de fonds propre durs (core equity tier one) compris entre 9,1 % et 9,5 % fin 2013, sans appel au marché. Cette cession, dont la finalisation est prévue au premier trimestre 2013, constitue donc un premier pas décisif puisque son ratio Core Tier one (sous Bâle III) s’améliorera de 13 points de base.

Renforcer la solvabilité

La vente de TCW confirme, s’il le fallait, la sortie de la banque du métier de la gestion d’actifs. « La cession de cette entité s’inscrit dans la stratégie du groupe visant à se désengager de ses activités non cœur en vue de renforcer sa solvabilité », note Alex Koagne, analyse chez Natixis. Or comme le souligne Pascal Decque, « le pôle Investment Solutions (dans lequel sont logés le gérant américain et la gestion d’actifs de la banque, NDLR) ne fait pas partie des trois pôles prioritaires de Société Générale ». De fait, ce désengagement de la gestion d’actifs est à l’œuvre depuis 2009, date à laquelle le groupe français a vendu sa filiale britannique à GLG Partners et, surtout, a fusionné les activités de SGAM (Société Générale Asset Management) avec celles du Crédit Agricole pour créer Amundi. Désormais, avec la cession de TCW, la banque tire un trait sur une entité qui affichait 101 milliards d’euros d’actifs sous gestion au 30 juin 2012, en progression de 10 milliards d’euros par rapport à fin 2011. Dès 2009, le groupe avait indiqué sa volonté d’introduire en Bourse sa filiale américaine dans un délai de cinq ans. Aujourd’hui, les conditions d’une cession étaient pleinement réunies. Après avoir connu de sérieux remous en 2009, avec l’éviction soudaine de son gérant vedette Jeffrey Grundlach, TCW est en effet parvenu à redresser son activité tout en réussissant l’intégration de la société MetWest acquise début 2010.

Lyxor, dernier porte-drapeau

Désormais, la gestion d’actifs de Société Générale se résume principalement à sa participation de 25 % dans Amundi, dont la contribution aux résultats est de 98 millions d’euros en 2011 et 61 millions d’euros au premier semestre 2012. De nombreux analystes estiment que cette participation ne serait pas forcément stratégique pour le groupe de La Défense qui rétorque toutefois qu’en sortir n'est pas d'actualité.

Société Générale possède en outre Lyxor Asset Management. Spécialisée dans la gestion indicielle et alternative, le statut de cette société est particulier en raison de son rattachement à la direction de la banque de financement et d’investissement du groupe (SG CIB). Sa santé est loin d’être au beau fixe : entre 2010 et 2011, ses encours sous gestion se sont effondrés, passant de 96,1 milliards à 73,6 milliards d’euros, avant de remonter à 74,5 milliards en juillet 2012. Didier Valet, directeur de SG CIB, a clairement indiqué à L’Agefi Hebdo (8 mars 2012) vouloir conserver Lyxor.

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