Une Sicav inédite mise sur les domaines viticoles

le 22/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Présent depuis trois décennies dans l’investissement viticole, UFG-LFP lance le premier fonds contractuel de droit français sur cette thématique en plein essor.

Période de vendanges, foires aux vins dans les grandes surfaces…, le précieux breuvage est à l’honneur en ce mois de septembre. En tant que placement financier, il commence aussi à intéresser de plus en plus de promoteurs de fonds et d’investisseurs à la recherche, en ces temps d’incertitude boursière, d’actifs de diversification peu volatils. « Les grands vins peuvent jouer le rôle de valeur refuge du fait d’une volatilité très réduite et d’une sensibilité quasiment nulle aux aléas de la conjoncture, souligne Christian Roger, gérant du fonds Nobles Crus (53 millions d’euros d’actifs) chez Elite Advisers, société de gestion basée à Luxembourg. Que demain la France soit notée par une agence ‘AA+’ ou demeure ‘triple A’ ne changera pas d’un euro le prix d’une bouteille de Romanée-Conti, de Château Lafite-Rothschild ou de Château Latour. » « Nous avons traversé les deux dernières crises boursières sans encombre », se réjouit Miriam Mascherin, coresponsable d’Elite Advisers. Depuis sa création en 2008, ce fonds, qui est investi dans des premiers grands crus français, affiche une performance cumulée de près de 61 % portée par l’envolée des prix. Entre 1982 et 2009, le tarif moyen des grands bordeaux a ainsi bondi de 952 %, selon une étude réalisée par la Revue du Vin Français.

Visibilité

Signe de l’intérêt du marché pour ce type d’investissement, UFG-LFP, qui deviendra La Française AM le 29 septembre, vient de lancer la première Sicav contractuelle de droit français investie sur cette thématique : LFP Grands Vignobles de France. Avec ce fonds, UFG-LFP mise sur les perspectives de croissance du marché mondial du vin. « La conjoncture vinicole favorable nous offre une bonne visibilité à l’horizon 2014, indique Patrick Ribouton, gérant chez UFG-LFP. Cette tendance positive est en grande partie alimentée par la très forte demande des pays asiatiques et de bonnes anticipations pour le marché américain qui font craindre une pénurie à de nombreux intervenants. » Ce qui explique une partie de la spéculation sur les prix des très grands crus. Rien qu’en Chine, la consommation de vins devrait progresser de près de 20 % en volume et de plus de 31,5 % en valeur entre 2010 et 2014, selon une étude réalisée par le cabinet ISWR pour le compte de Vinexpo, avec un énorme potentiel pour les exportations qui ne représentent aujourd’hui que 15 %. La France est son premier fournisseur.

LFP Grands Vignobles de France se distingue des fonds investis directement dans les bouteilles de vin, mais également des groupements fonciers viticoles (GFV), qui sont des SCI (société civiles immobilières) investies dans des domaines viticoles et destinées à des investisseurs particuliers. A l’instar des GFV, cette Sicav sera certes investie dans des domaines viticoles mais elle va aussi se charger de l’exploitation et de la mise en valeur des biens. Cela lui permet d’associer deux moteurs de performance : l’appréciation anticipée des prix du foncier viticole et la création de valeur au travers de l’exploitation des propriétés sélectionnées.

Sur quel type de propriété vont porter les investissements ? Le fonds cible des domaines offrant un potentiel de progression dans des appellations françaises « premium », notamment dans le Bordelais, la Bourgogne, le Val de Loire et la Vallée du Rhône. En se positionnant ainsi, le gérant espère rester à l’abri de la forte concurrence qui touche les crus de milieu et bas de gamme. « Pour la présélection des domaines, nous disposons d’un réseau de consultants (œnologues, viticulteurs, experts fonciers…) tissé ces trente dernières années au travers de la gestion de GFV », explique Patrick Ribouton. Une fois les domaines acquis, le but est de créer de la valeur en travaillant sur tous les éléments de la production (arrachages ou replantation de vignes, drainage, création de locaux…) et en développant les propriétés par croissance externe. L’objectif étant de faire croître la valeur foncière des domaines. « A l’échéance du fonds, nous visons un taux de rendement interne de 7 % par an », indique son gérant.

LFP Grands Vignobles de France est destiné à des investisseurs de long terme. C’est un fonds fermé avec une durée de vie prévisionnelle de quinze ans. La souscription est ouverte jusqu’au 31 décembre 2012. A moins que le montant de capital cible ait été atteint avant, soit 120 à 150 millions d’euros. « Un capital minimal de 25 millions d’euros nous permettrait toutefois de faire germer le fonds en nous positionnant sur deux ou trois propriétés offrant une bonne diversification », précise Patrick Ribouton.

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