PORTRAIT François Feige, associé chez Veymont Capital Partners.

« Se concentrer sur les besoins fondamentaux de la population »

le 24/10/2013 L'AGEFI Hebdo

C’est un véritable changement de vie : je ne suis plus salarié, je partage mon temps entre Paris, auprès de ma famille le week-end, et Amsterdam la semaine », confie François Feige, associé chez Veymont Capital Partners. Ancien membre du directoire de Natixis Private Equity International, partiellement démantelé dans le sillage du recentrage opéré par Natixis sur la gestion pour compte de tiers, il décide avec l’un de ses collègues de l’époque, Jos Houben, de racheter en secondaire une partie du portefeuille hollandais de la filiale. Deux actifs, concentrés sur le secteur de la santé, serviront de base à la création en 2011 de Veymont Capital Partners. « Nous nous sommes alors demandé où se situera la croissance de demain, se rappelle ce père de deux enfants. Nous avons décidé de nous concentrer sur les besoins fondamentaux de la population. » Un pôle santé, qui compte désormais six actifs ayant généré un chiffre d’affaires agrégé d’environ 80 millions d’euros en 2012, voit le jour. « Notre logique d’investissement repose sur la création d’une plate-forme thématique. Nous investissons dans une première société, qui procédera par la suite à des acquisitions ('build-up') dans son secteur. L’idée est de penser à procéder à une cession partielle ou globale de l’ensemble lorsque celui-ci atteint 100 millions d’euros de chiffre d’affaires », déclare le professionnel, parallèlement conseiller chez Grant Thornton. Veymont Capital Partners cible aujourd’hui des sociétés européennes générant entre 15 et 30 millions d’euros de chiffre d’affaires et investit des tickets unitaires de 5 à 15 millions d’euros aux côtés des dirigeants de la cible. La société ne procède à aucune levée de fonds, mais sollicite au cas par cas ses investisseurs, composés d’une dizaine de family offices basés au Benelux. Deux nouvelles plates-formes devraient prochainement voir le jour, l’une dans l’eau et l’autre dans la sécurité avec deux investissements qui pourraient être signés d’ici à la fin de l’année. « Identifier les bonnes sociétés prend du temps. Il faut regarder une multitude d’aspects allant de la stratégie au marché, en passant par les aspects financiers, juridiques et ressources humaines », explique-t-il. La triple formation de François Feige (diplôme d’ingénieur, maîtrise en droit, diplôme de l’Essec) lui confère de sérieux atouts pour gérer l’ensemble de ces composantes. Le dirigeant, qui débute en 1986 chez Lazard en tant qu’analyste, entre ensuite chez Crédit Agricole où il dirige deux fonds, avant de rejoindre Renault Truck où il chapeaute une vingtaine d’opérations d’acquisitions et de cessions. Il intègre Air Liquide en 2000 pour prendre la direction du fonds corporate venture. « Ce parcours industriel m’a permis de mieux cerner les problématiques de productivité industrielle et de ne pas avoir uniquement un regard de financier », glisse cet amateur de tennis, classé 15/2.

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