Le scepticisme des marchés

le 22/03/2012 L'AGEFI Hebdo

On s’inquiétait sur les marchés mais les investisseurs n’ont pas sanctionné l’Espagne suite à la décision de l’Eurogroupe d’assouplir la réduction du déficit public à 5,3 % au lieu des 4,4 % convenus en début d’année. C’est ainsi que Madrid a émis le 13 mars 3 milliards d’euros d’obligations avec des taux en baisse, signe que les investisseurs ont bien soutenu cette levée de titres obligataires à 3, 4 et 6 ans. Bénéficiant d’une bonne couverture de l’offre, le Trésor espagnol a réussi à lever au sein de la fourchette qu’il désirait, soit entre 2,5 et 3,5 milliards d’euros.

Cependant, le ciel n’est pas encore sans nuages et la défiance persiste sur les marchés de la dette publique, comme en témoigne l’évolution du

spread en faveur des titres publics italiens. Les rendements de ceux-ci qui se traitaient à des niveaux bien supérieurs à ceux de l’Espagne en novembre dernier (voir le graphique) ont effacé leur différentiel. Pis, depuis le début de l’année, la Bourse de Madrid est la seule place des pays développés à figurer dans le rouge, quand par exemple l’indice EuroStoxx 50 affiche une hausse de 12 %. Dans une récente analyse, UBS estimait que l’Espagne restait dans un avenir proche le principal risque en Europe. Du côté des économistes espagnols, on estime en revanche que le cap emprunté par le gouvernement espagnol est apprécié des marchés financiers. Javier Quesada, professeur d’économie à l’Institut de recherches économiques de Valence, considère que « les marchés continuent simplement à faire pression sur le gouvernement espagnol pour qu’il continue à garder le cap en matière de réformes ».

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