Sauvée par le gaz ?

le 06/12/2012 L'AGEFI Hebdo

Et si le salut d'Athènes venait de la Crête, ou plus précisément des eaux crétoises ? Au printemps, le gouvernement Samaras devrait prendre livraison des premières études approfondies sur les réserves de gaz retenues sous les fonds de la mer Egée. Une première étude, dont les résultats avaient été révélés en octobre, faisait état de réserves colossales : 3.500 milliards de mètres cube, soit l'équivalent de six années de consommation de l'Union européenne. Les analystes de Deutsche Bank ont évalué cette manne aux conditions de marché actuelle, et si les réserves pouvaient être exploitées dans leur intégralité, à 427 milliards d'euros (ou 213 % du PIB). Autrement dit, largement de quoi effacer complètement la dette grecque et lui offrir même de quoi créer un petit fonds souverain. En pratique et dans le meilleur des cas, il faudrait huit à dix ans pour passer de l'exploration des sites sous licence à l'extraction à des fins commerciales. Vu l'horizon d'amortissement de la dette grecque, ce délai n'est pas si considérable. Mais la recherche de la banque allemande met en avant un tout autre risque : celui du « syndrome néerlandais », où l'afflux brutal de ressources encourage la corruption et l'inefficience, et décourage l'amélioration de la productivité et de la compétitivité dans les autres secteurs, ce qui n'est pas précisément ce dont la Grèce a besoin.

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