Le Royaume-Uni infléchit sa position

le 05/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Par Stéphanie Salti, à Londres

Les temps changent. Après les déclarations claironnantes qui avaient émaillé le sommet européen en décembre dernier, le Royaume-Uni et David Cameron, son représentant, ont affiché cette fois une plus grande réserve : « Le Royaume-Uni est encore en train de travailler sur la stratégie qui devra être la sienne en Europe et veut à tout prix éviter de se trouver impliqué dans un conflit », explique Mats Persson, directeur du think tanklondonien Open Europe. Si le désir de protéger la City reste au premier plan de l’agenda du Premier ministre britannique, l’absence de détails entourant certaines décisions prises lors du sommet européen fin juin empêche le pays de faire valoir son point de vue. Certaines initiatives risquent pourtant à terme d’avoir un impact sur le Royaume-Uni, à l’image de la création d’une instance de supervision bancaire zone euro : « Cela pourrait créer un certain nombre de barrières pour les banques britanniques ayant des opérations dans la zone euro et peut-être même avoir un impact sur le marché unique », anticipe Mats Persson. De même, l’hypothèse d’une réglementation écrite par les pays de la zone euro et s’appliquant à l’ensemble des 27 pays de l’Union européenne pourrait être dangereuse pour les intérêts de la City, selon Open Europe. Dans l’immédiat, la tâche du Premier ministre britannique a cependant été de rassurer son propre parti de l’intérêt d’appartenir à l’Union européenne. En marge du sommet, David Cameron s’est même engagé à changer les mentalités de l’intérieur et a également rejeté l’idée d’un référendum.

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