Mark Boleat, président du comité stratégique au sein de City of London Corporation

«Le Royaume-Uni doit travailler de concert avec ses partenaires européens»

le 27/02/2014 L'AGEFI Hebdo

Quel est l’état d’esprit de l’industrie financière britannique face à la possibilité d’une sortie du Royaume-Uni de l’UE ?

L’industrie refuse de se laisser emporter dans un débat politique, préférant de loin un argumentaire pragmatique. Afin de continuer à opérer avec succès à partir du Royaume-Uni, ces établissements ont besoin de continuer à faire partie de l’Union européenne et de pouvoir accéder au marché unique. Loin de présenter cette nécessité comme une menace, ces établissements évaluent les alternatives : dans l’hypothèse d’une sortie du Royaume-Uni, elles devront nécessairement relocaliser un certain nombre de leurs opérations dans d’autres centres financiers. Depuis l’annonce de l’organisation d’un référendum, elles ont en effet eu le temps de passer au peigne fin les implications d’un « Brexit ».

Quelles sont les chances du Royaume-Uni de renégocier le traité avec ses partenaires européens ?

On ne constate pas à l’heure actuelle d’enthousiasme marqué pour une renégociation du traité. En revanche, il est nécessaire d’adopter une approche différente : invoquer un meilleur deal pour le Royaume-Uni seul n’est clairement pas une stratégie gagnante, encore plus si cela impose un changement de traité. En revanche, il est nécessaire que le pays travaille de concert avec ses partenaires européens afin que les changements puissent être favorables à l’ensemble des Etats membres. Sur la question de l'engagement britannique dans les questions européennes, nous avons aujourd’hui le sentiment d’une implication totale, ce qui n’avait pas nécessairement été le cas au cours des trois dernières années : le Royaume-Uni était en effet engagé dans une refonte de sa réglementation financière qui l’avait tenu éloigné des questions européennes.

Quelles sont les urgences aujourd’hui pour la City ?

Il est évident que la question du maintien du Royaume-Uni dans l’UE va continuer d’alimenter les débats durablement. Mais il est vrai que nous défendons aussi nos intérêts dans d’autres dossiers, à l’image de la taxe sur les transactions financières ou encore du plafonnement des bonus. En revanche, l’adhésion du pays à l’Union bancaire ne fait pas partie de notre agenda immédiat même si nous ne l’excluons pas sur le plus long terme.

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