Le retour des actions

le 29/08/2013 L'AGEFI Hebdo

Pour la première fois depuis des années, l’Europe boursière a connu un bel été (lire L’événément). Les indices d’actions européennes ont rebondi dans des proportions dépassant dans bien des cas 10 % et retrouvent – voire dépassent pour le Stoxx 600 – l’indice de référence sur le continent européen, leurs plus hauts niveaux du début 2011. Il est désormais clair que les marchés du Vieux continent figurent parmi les premiers bénéficiaires des réallocations d’actifs massives qui ont suivi l’annonce par Ben Bernanke fin mai d’un changement progressif de la politique monétaire américaine. Les investisseurs les ont privilégiés au détriment des marchés émergents ou de certains compartiments des marchés de la dette dans le cadre d’une réappréciation générale des primes de risques qui devenait urgente.

Il est vrai que le mouvement, plus évident au niveau de la collecte dans les fonds actions que dans les volumes globaux d’investissement qui demeurent modestes, reste à confirmer. Le potentiel de hausse des marchés européens le justifierait sans doute, mais la poursuite de l’embellie dépend pour une bonne part du doigté avec lequel la Réserve fédérale saura orchestrer son retrait relatif annoncé et éviter toute flambée des taux longs. C’est dans la montée en puissance des volumes en Bourse, dans le recours croissant des émetteurs aux augmentations de capital et aux introductions, enfin dans le dynamisme retrouvé des fusions et acquisitions qui paraissent, elles aussi, s’être réveillées avec les beaux jours qu’on trouvera, dans les prochaines semaines, les meilleurs indicateurs d’un vrai changement d’état d’esprit en Europe. Si tel est le cas, ce sera le plus clair signal de confiance qu’on y aura entendu depuis des années. Le rééquilibrage durable entre les marchés de la dette et du capital serait le gage de conditions plus favorables de financement des économies dont profiteront les acteurs qui y contribuent, mais aussi les Etats.

De ce point de vue, la création d’un PEA-PME, qui accompagne le relèvement du plafond du PEA, s’inscrit, avec un bel opportunisme, dans le meilleur air du temps. Le gouvernement dote ainsi la Place d’un nouvel outil de financement qui consacre – enfin ! – l’importance de l’investissement long en fonds propres, tout en incitant les Français à revenir sur un terrain qu’ils ont pour beaucoup déserté pour de très solides raisons. Le message serait évidemment bien plus lisible si le tandem Hollande-Ayrault surmontait ses contradictions qu’illustrent, entre autres, son attachement forcené à la taxe sur les transactions financières ou son intention affichée d’achever l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail. Reste que ce coup de pouce à l’investissement en actions est une initiative trop bienvenue pour faire la fine bouche. Il rend compte du souci de Bercy de soutenir le retour prévisible des actions. Tant mieux ! 

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