Des restructurations plus efficaces

le 07/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Une récente étude universitaire publiée par

The Journal of Finance* montre que les hedge funds sont devenus une « force émergente » dans 474 procédures de type « chapter 11 » entre 1996 et 2007 aux Etats-Unis, et qu’ils équilibrent souvent les forces entre le débiteur et les créanciers seniors. « La valeur d’une entreprise en tant qu’entreprise est supérieure à sa valeur de liquidation », expliquent les auteurs. En effet, contrairement aux prêteurs traditionnels encore présents pour contenir les dommages, les hedge funds choisissent spécifiquement des sociétés cibles solides, dans lesquelles ils entrent alors par conversion de la dette (achetée décotée face au manque de liquidité) en capital, avec une volonté d’avoir un véritable impact dans la restructuration. Ce fut le cas cet hiver dans l’Hexagone pour Novasep (L’Agefi Hebdo du 19 janvier) : dans ce dossier, l’un des hedge funds avait même reçu la pleine confiance des pouvoirs publics qui l’avaient vu sauver une autre entreprise française quelques mois plus tôt.

Leur présence sur une part importante de dette serait, au bout du compte, synonyme d’un meilleur recouvrement sur son ensemble et d’une meilleure revalorisation de l’equity. Grâce à leur pouvoir de négociation dans la restructuration de dettes seniors. Voire à leur patience - dans certaines stratégies supérieure à celle d’autres créanciers ou actionnaires - une fois réalisée cette restructuration financière. L’étude prend cependant garde d’expliquer que ces fonds de distressed debt sont les seuls agents à pouvoir intervenir ainsi. Les fonds de private equity, par exemple, n’investissent pas en dette et sont, par définition, plus souvent actionnaires au moment du défaut qu’après...

*Hedge Funds and Chapter 11’, de Wei Jiang, Kai Li, Wei Wang.

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