Un rendement non sans aléa

le 25/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Avantage majeur des fonds obligataires, ils affichent un rendement cible avec une échéance donnée. Mais à y regarder de plus près, le taux annoncé à l’origine du fonds peut être bien différent de celui réalisé à la sortie. Dans le processus de création de ces OPCVM, la période de constitution du portefeuille est encore plus cruciale que pour un fonds classique. D’abord, la souscription et l’investissement peuvent prendre plusieurs mois. « Nous nous donnons six mois pour investir, indique Emmanuel Petit, gérant chez Rothschild & Cie Gestion. Cela nous permet, notamment, d’avoir un accès au marché primaire, plus riche sur la maturité 5 ans. » Pendant ce temps, les prix des obligations et donc les rendements évoluent. Par ailleurs, le portefeuille n’est pas figé. Il pourra d’abord faire l’objet d’arbitrages, notamment en ce qui concerne les fonds investis dans les titres les plus risqués comme les obligations high yield ou émergentes où il faut être mobile. Mais le fonds va aussi devoir réinvestir les coupons versés sur les différentes lignes obligataires et les remboursements d’obligations arrivées à maturité ou par anticipation dans le cas d’opérations de rachat par l’émetteur. Enfin, s’il s’agit d’un fonds restant ouvert à la souscription, la collecte va également devoir être investie tout au long de la vie du portefeuille. « En cas de réinvestissements, l’objectif est que la structure de risque reste constante tout en profitant des opportunités du moment », explique Fabien Vieillefosse, gérant chez Natixis AM. Autant d’éléments qui vont affecter le rendement en cours de vie du fonds. Mais le seul risque sur ces fonds, à condition de rester jusqu’à l’échéance, est celui d’un défaut. D’où l’importance accordée par les gestionnaires à la diversification des portefeuilles.

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