L'avis de... Michael Massourakis, chef économiste d’Alpha Bank

« Les réformes commencent à libérer du potentiel de croissance »

le 12/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Quel est votre scénario pour l’économie grecque ?

Cette année sera difficile, avec une baisse du PIB de 3 %. C’est dû principalement au manque de confiance, nourri par toutes ces discussions sur une restructuration de la dette et sur une sortie de la zone euro. La demande intérieure, qui représente près de 70 % du PIB, est faible à cause de ce manque de confiance, des réductions de dépenses publiques et du chômage de plus de 15 %. Les perspectives dépendent principalement de l’évaluation que feront le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE), et des résultats des réformes. Nous anticipons un retour de la croissance en 2012, et un chiffre positif dès le quatrième trimestre 2011. La reprise des exportations et du tourisme est plus forte que prévu et devrait se poursuivre, les réformes structurelles commencent à libérer du potentiel de croissance et les investissements directs étrangers pourraient augmenter avec le programme de privatisations.

Quel est l’ampleur de l’ajustement budgétaire ?

La dernière mission de la troïka a jugé que le programme se déroulait comme prévu, avec quelques retards. De 2010 à 2015, les efforts d’ajustement fiscal représentent 26 milliards d’euros. Les réformes ont peut-être un certain retard et ne vont peut-être pas aussi vite que le marché le voudrait, mais nous avançons dans la bonne direction. En juin, le nouveau plan fiscal 2012-2015 aura force de loi et tous les nouveaux budgets devront s’y référer.

Les banques représentent-elles un risque ?

Les banques ont de très bons ratios de capital réglementaire parce qu’elles n’ont jamais eu d’actifs toxiques et que la plupart, comme Alpha Bank, NGB et Piraeus Bank, ont augmenté leur capital. Le ratio Tier one moyen s’établit à 10,1 % à la fin du troisième trimestre 2010. La seule pression vient de la récession - car elle apporte des prêts non performants, une faible demande de crédit et une baisse des dépôts - et de la fermeture du marché interbancaire. A cause des abaissements de notes des agences de notation, le financement auprès de la BCE est de plus en plus difficile. Le gouvernement a dû mettre en place un système de garantie de 30 milliards d’euros pour que les banques puissent placer des titres en collatéral à la BCE.

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