L’avis de… Vincent Puche, consultant du cabinet Insti7

« Une réflexion sur la segmentation des portefeuilles »

le 02/06/2011 L'AGEFI Hebdo

Quelles orientations ces institutionnels donnent-ils à leur politique de placements ?

Depuis 2007, les crises financières incitent de nombreux institutionnels à repenser leur politique de placements. Les pics de volatilité, la baisse de la liquidité et les nouvelles contraintes réglementaires et fiscales tendent à modifier l’approche tant en termes d’allocation d’actifs que de structure et de choix de supports de placement. Nous remarquons une demande vers une plus grande diversification couplée à une réflexion forte sur la lisibilité des flux financiers. Par exemple, les institutions de prévoyance optent de plus en plus fréquemment pour la détention d’obligations en direct avec une gestion souvent déléguée au travers d’un mandat. Ce mode de détention permet une bonne visibilité sur le taux de rendement du portefeuille obligataire et son adéquation avec les contraintes de passif. Cette tendance devrait s’amplifier au regard de leur future imposition à l’IS (impôt sur les sociétés, NDLR) : les revenus ne seront plus imposés en fonction de leur nature mais l’impôt portera sur le résultat de l’exercice.

Quelles sont les sources de diversifications envisagées ?

Sur le plan tactique, les institutions de retraite et de prévoyance souhaitent rémunérer leurs placements en tentant de s’affranchir de la hausse probable des taux et de la volatilité des marchés. Cela aboutit à la recherche de produits de type « performance absolue ». D’un point de vue stratégique, les réflexions portent sur la recherche de performance via des expositions aux pays émergents (dettes et/ou actions), à l’immobilier coté et non coté ainsi qu’aux actions non cotées. Cette dernière démarche s’inscrit notamment dans une volonté de contribuer plus directement au financement de l’économie.

L’apparition de nouveaux risques modifie-t-elle leur comportement ?

Nous notons un vrai besoin de maîtrise du risque global du portefeuille nécessitant une meilleure compréhension et une plus grande transparence des produits. Sur les actifs risqués, les approches combinant une plus grande diversité et une diminution de la volatilité sont aujourd’hui de plus en plus regardées. Sur la partie obligataire, la détention en direct permet de s’affranchir des mouvements de taux et de se concentrer sur le risque de défaut qui s’étend dorénavant aux obligations d’Etat, entraînant une réflexion sur la segmentation des portefeuilles (papiers d’Etat, émissions corporate...).

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