L’avis de... Geoffroy Schmitt, associé en charge du conseil en immobilier chez PwC*

Un recentrage des acteurs sur les marchés qu’ils maîtrisent le mieux

le 04/04/2013 L'AGEFI Hebdo

Quelles sont les priorités des investisseurs

en immobilier ?

Elles restent les mêmes : trouver des actifs liquides qu’ils pourront revendre sans difficulté, ce qui explique qu’ils s’intéressent en priorité aux marchés les plus importants et où les transactions sont les plus nombreuses, comme Londres ou Paris, et aux locataires en bonne santé financière ayant signé des baux de longue durée. La France est un peu moins bien positionnée que la Scandinavie ou l’Allemagne, en raison de la morosité économique, mais il s’agit plus d’une tendance diffuse pour l’instant. Malgré les difficultés économiques actuelles, les actifs commerciaux restent attractifs : la consommation se maintient relativement bien et le risque locatif y est moindre que dans des tours de bureaux louées à une ou deux entreprises. Néanmoins, le marché est moins important, moins liquide et la gestion plus compliquée. Sur les marchés plus petits de la logistique, de la santé ou de l’hôtellerie, interviennent quelques acteurs spécialistes mais aussi des opportunistes, à l’instar de Blackstone qui investit dans la logistique dans la perspective d’un rebond économique en 2014-2015.

Les labels environnementaux apportent-ils réellement de la valeur aux actifs ?

Les labels HQE (haute qualité environnementale) ou BBC (bâtiment basse consommation) sont recherchés par les grandes entreprises parce qu’ils donnent une bonne image et parce qu’ils laissent présager une réduction des coûts d’exploitation des immeubles. Néanmoins, le gain n’est pas aussi important qu’espéré, notamment en raison des comportements des utilisateurs qui ne sont pas tous très sensibles à l’écologie. L’immobilier étant un actif de long terme, ses acteurs se préoccupent très en amont des aspects environnementaux dans la construction d’immeubles afin d’éviter une obsolescence accélérée.

Quelles sont les stratégies d’adaptation

au contexte économique des acteurs

de l’immobilier ?

Ils ont gagné en agilité, sont plus réactifs par rapport au marché et aux attentes des utilisateurs. Ils se sont recentrés sur les marchés qu’ils connaissent bien et sur leurs savoir-faire. Une frilosité face au risque qui les conduit à se concentrer sur des actifs de très bonne qualité. Alors que le marché des immeubles moins bien situés, nécessitant des travaux de rénovation, a plus de mal à s’ajuster par les prix.

*Co-auteur de l’étude « Emerging Trends in Real Estate Europe », avec l’Urban Land Institute (ULI)

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