Le rebond des marchés d’actions appelé à se poursuivre

le 17/01/2013 L'AGEFI Hebdo

Les gérants estiment que le redémarrage de la croissance mondiale favorisera la revalorisation des valeurs cotées.

Le rebond des actions en 2012, aux Etats-Unis comme en Europe, va-t-il se poursuivre ? Même si « les performances passées ne préjugent pas des performances à venir », comme le rappelle Bernard Aybran, directeur de la multigestion chez Invesco Asset Management, nombre de gestionnaires d’actifs sont convaincus que les valeurs cotées ont un bel avenir devant elles. Mais pour des raisons différentes de celles qui ont provoqué leur revalorisation l’année dernière.

La donne conjoncturelle est tout autre. « En 2012, l’enjeu des banques centrales des pays développés était la stabilisation financière. En 2013, le défi est la reprise de l’économie », résume Gustavo Horenstein, gérant de fonds de fonds chez Dorval Finance. Dans ce contexte plus apaisé, les investisseurs vont scruter les indicateurs de reprise macroéconomiques et leur traduction dans les résultats des entreprises. C’est ainsi que l’évolution des prévisions des analystes financiers revient au premier plan. Leur amélioration en cours est plutôt de bon augure. (voir le graphique). « Dans l’ensemble, les anticipations de résultats à 12 mois se stabilisent », commente Sophie Chauvellier, gérante de fonds de fonds chez Dorval Finance.

Diminution des primes de risque

Les analystes qui anticipent une progression des bénéfices voisine de 10 % cette année, tant pour les marchés européens, américains qu’émergents, « affichent une sérénité impressionnante », estime cependant Bernard Aybran, énumérant plusieurs facteurs contrariants : les dépenses publiques devraient continuer de diminuer dans les économies occidentales, la consommation pourrait au mieux se maintenir, l’investissement des entreprises européennes s’obstine dans sa faiblesse et les marges bénéficiaires des sociétés cotées aux Etats-Unis sont déjà proches de leurs plus hauts.

Si la reprise économique mondiale se confirme, la confiance des investisseurs va se renforcer et les primes de risque des actions, qui demeurent élevées en dépit du rattrapage des derniers mois (voir le graphique), devraient diminuer. Il est vrai que « la croissance en Europe sera faible durablement  » mais la zone euro est dotée « d’entreprises bien gérées et compétitives à l’export. Leur décote de valorisation est encore très significative. En phase de normalisation, le potentiel de rebond est donc fort », indique Sophie Chauvellier. De même, les actions des pays émergents devraient bénéficier « d’une reconstitution de leur décote de valorisation », prévoit la gérante. Pour cette dernière, les entreprises des pays émergents disposent d’un important levier opérationnel : l’accroissement de leur chiffre d’affaires se traduit avec rapidité dans l’augmentation de leurs bénéfices.

S’il se poursuit, le mouvement d’appréciation des marchés boursiers s’accompagnera de flux d’investissement plus étoffés. « Même en l'absence de conviction, les institutionnels reviendront par nécessité », analyse Louis Bert, président de Dorval Finance. Les actifs de portage (obligataire d’Etat et d’entreprise) qui ne rapportent plus, baisse des taux et répression financière obligent, ne leur permettent plus de faire fructifier leurs encours.

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