Quilvest Wealth Management veut doubler de taille en cinq ans

le 27/10/2011 L'AGEFI Hebdo

La banque privée franco-suisse veut capitaliser sur sa fusion récente avec le luxembourgeois Compagnie de Banque Privée.

En dehors du Grand-Duché, leur rapprochement est presque passé inaperçu. En revanche, son mariage avec la Compagnie de Banque Privée (CBP), acté début mai, donne enfin à Quilvest « de la visibilité au Luxembourg » : « Nous y sommes peu connus, bien que notre holding y soit cotée depuis plus de 70 ans », explique Serge de Ganay, président du conseil de surveillance de Quilvest Banque Privée, la branche française. Fondé en 1888 par un brasseur allemand, le groupe est spécialisé dans le capital-investissement et la gestion de fortune. Rebaptisée Quilvest Wealth Management (WM), cette activité s’appuyait déjà sur la banque parisienne, fondée en 1917 pour gérer les biens de la famille, et sur Quilvest Switzerland, à Zurich depuis 1932 et en Uruguay depuis 2007. Après sa fusion avec CBP, les encours de Quilvest WM sont passés début mai de 13 milliards à 16 milliards de dollars (11 milliards d’euros).

« CBP a connu pendant quatre ans un fort développement, passant de 6 personnes à 90, pour 1.600 clients, mais nous avions atteint un palier de croissance, juge Stéphane Chrétien, ancien dirigeant de l’entité luxembourgeoise et nouveau président du directoire de Quilvest Banque Privée. Notre rapprochement avec Quilvest correspondait à l’ensemble de nos objectifs, hormis celui de notre développement en Asie où nous avons ouvert mi-2010, à Singapour, une société de ‘trust’ qui emploie 8 personnes. »

Augmenter l’effectif de 30 %

« Nous voulons donner une nouvelle dynamique à notre banque privée et visons une croissance de nos encours de 10 % à 15 % par an pour doubler de taille en cinq ans, annonce Serge de Ganay. Nous ne comptons pas nous étendre géographiquement mais créer une dynamique de conquête de clientèle sur tous nos marchés locaux et auprès de la clientèle internationale. » Le groupe prévoit de porter ses effectifs de banque privée de 270 à 350 personnes d’ici à cinq ans. A Paris, la banque compte 100 collaborateurs et souhaite doubler son équipe de 12 banquiers privés, pour laquelle trois recrutements sont en cours.

Les trois pôles géographiques vont aussi devoir apprendre à travailler ensemble. « Nous allons spécialiser les rôles des différentes entités pour renforcer les centres de compétences : la gestion actions à Paris, l’activité de ‘family office’ à Zurich et la sélection de fonds à Luxembourg », poursuit Serge de Ganay. Chez CBP, « nous étions déjà présents sur le segment haut de gamme avec, en moyenne, 1,7 million d’euros par compte mais nous ne disposions pas d’un ‘family office’ », illustre Stéphane Chrétien.

Quilvest WM ne détaille pas les synergies de coûts qui doivent lui permettre de renouer avec les profits, après une perte au premier semestre (voir le tableau). La branche française a quant à elle perdu 1,1 million d’euros en 2010 après un exercice 2009 à l’équilibre, selon les comptes consultés par L’Agefi. « Nous ne sommes pas obsédés par la rentabilité, car nous sommes avant tout au service de nos clients, concède Serge de Ganay. Nous partageons (avec CBP, NDLR) la même approche clients : nous croyons jusqu’à un certain point à l’industrialisation des processus de vente. »

Selon un bon connaisseur de la branche française, celle-ci pourrait néanmoins adopter ou s’inspirer du système informatique et des pratiques du back-office de CBP. Ses actifs gérés sont en hausse de 35 % depuis 2007, à 3 milliards d’euros au 1er octobre, mais sa politique commerciale est jugée peu agressive. Quilvest Banque Privée affiche néanmoins une collecte nette de 104 millions d’euros depuis janvier et assure résister à la tempête boursière actuelle. « Nos clients, qu’ils soient à Paris, à Zurich ou en Luxembourg, ont en moyenne perdu 6 % sur leur portefeuille (mandat équilibré) entre le début de l’année et mi-octobre », assure Serge de Ganay.

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