L'avis de... Andrew Batson, responsable de la recherche de GaveKal Dragonomics

« Le problème principal reste l’inflation »

le 15/09/2011 L'AGEFI Hebdo

La croissance chinoise va-t-elle continuer à ralentir ?

La croissance devrait être plus lente au second semestre qu’au premier, mais pas de façon spectaculaire. La vraie source d’incertitude vient de la crise de la dette en Europe et de la trajectoire à long terme de la croissance américaine. Sur le plan domestique, la Chine fait face à une inflation élevée résultant d’un fort stimulus, et les autorités essaient de ralentir l’économie pour freiner la hausse des prix. Ils ont fixé un objectif de croissance de 7 % par an jusqu’en 2015 pour habituer les gens à une expansion moins rapide. Mais il n’y a pas d’atterrissage brutal. Le marché du travail se porte très bien, les salaires augmentent et trouver du travail est facile. Le principal problème reste l’inflation, même si elle ne contraint pas la consommation et la croissance. Le gouvernement ne va probablement pas atteindre son objectif de 4 % en 2011.

La Chine est-elle vulnérable au ralentissement mondial ?

Nous ne savons pas exactement comment le ralentissement va affecter le commerce. L’Europe et les Etats-Unis sont les deux plus gros marchés de la Chine, bien qu’elle regarde de plus en plus vers l’Amérique latine, l’Asie centrale et le Moyen-Orient. La contribution du solde commercial à la croissance est très faible cette année, mais cette donnée peut être trompeuse. La taille du surplus commercial ne reflète pas entièrement l’activité domestique et les emplois qui sont associés aux industries exportatrices. En 2008, l’effondrement du commerce mondial a eu un gros impact sur la Chine parce qu’il suivait l’effondrement du marché immobilier chinois. Cette fois, le marché immobilier est en bien meilleur état. Si le ralentissement mondial est plus grave, ils pourraient donner un soutien à des industries spécifiques, mais rien de comparable à leur réponse à la crise en 2008.

La Chine peut-elle tomber dans le « piège du revenu intermédiaire » ?

La Banque Mondiale définit les pays à revenu intermédiaire comme ceux ayant un revenu national par habitant entre 1.006 dollars et 12.275 dollars. La Chine est à 4.260 dollars. Mais ces pays ne font pas automatiquement face à plus de difficultés pour croître. La menace est tout de même prise au sérieux par certains responsables, qui sont conscients des risques d’une chute de la demande extérieure. Le 12

eplan quinquennal 2011-2015 cherche à soutenir la transition d’une industrie à bas salaires à des produits d’une plus grande valeur ajoutée. De plus, le processus d’industrialisation est loin d’être achevé : un tiers ou plus de la force de travail est encore employée dans l’agriculture. La Chine a donc le potentiel pour plusieurs années de croissance relativement rapide, sinon à deux chiffres.

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