L'avis de... Nick Tolchard, responsable d’Invesco Middle East

« La priorité est le développement du pays d’origine »

le 17/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Quels sont les objectifs de retour sur investissement des fonds souverains ?

Cela dépend de leur appétit pour le risque. Les fonds souverains dédiés au développement de leur économie locale ont un objectif de rendement annuel moyen de 11,6 %. Les autres (de stabilisation, de réserves de pension, d’épargne pour les générations futures ou d’investissement) se fixent des objectifs de rendement annuel moyen à un seul chiffre, tout en se référant à leurs propres indices de référence. Ceux-ci varient en fonction des pays et de la région. Dotés d’une plus grande expérience, les fonds souverains asiatiques de développement sont les mieux établis. Leur démarche est très commerciale. Ils négocient les commissions activement tout en cherchant des rendements conformes à leur cible : 3 % (entre le rendement ciblé et le rendement plancher qu’ils se sont fixé) est le plus grand écart admis. Les fonds souverains du Moyen-Orient, eux, sont plus enclins à sacrifier leur rendement en faveur de la concrétisation des partenariats ciblés. Les différences de cultures se retrouvent dans la façon d’opérer. Les Moyen-Orientaux préfèrent investir en direct et garder la main, tandis que les Européens sont surtout attachés à des valeurs actionnariales, de transparence et de gouvernance.

Quelles sont les motivations de leur présence à l’international ?

L’un des motifs est la diversification de leurs portefeuilles. Nombre de fonds souverains fortement pénalisés par la chute des actions des pays développés pendant la crise financière ont radicalement modifié leur approche. Leur gestion est devenue plus active. Leurs nouveaux modèles d’allocation doivent leur permettre de bénéficier du potentiel de toute une palette d’actifs et d’être moins exposés à un seul risque. Conséquence, le poids des « classes d’actifs dites alternatives » (private equity, immobilier, infrastructure) dans les divers portefeuilles augmente, tout en s’accompagnant d’un renforcement dans les pays émergents. L’objectif des fonds de développement qui scrutent l’international est de participer à la diversification de l’économie de leur pays. Contrairement aux idées reçues, les partenariats noués à l’extérieur ne sont pas agressifs, mais plutôt dans l’esprit d’une collaboration constructive. Réalisés pour le long terme, ils doivent permettre d’acquérir des expertises spécifiques bien identifiées, utiles au développement du pays d’origine.

Quels secteurs d’activité sont jugés les plus attrayants ?

Cela dépend de la diversification nécessaire de l’économie du pays du fonds souverain. La priorité est le développement local. Aux Emirats Arabes Unis par exemple, les secteurs clés sont les hautes technologies, la santé, l’éducation de haut niveau, les énergies renouvelables ou le tourisme.

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