L'avis de... Lionel Clément, gérant de dette émergente chez Lazard Frères Gestion

« Des primes supérieures pour les émergents malgré de meilleurs fondamentaux »

le 17/05/2012 L'AGEFI Hebdo

Vous venez de lancer un fonds à échéance sur la dette émergente d’entreprise. Pourquoi avoir fait le choix de la dette « corporate » ?

Comme la dette publique, la dette privée bénéficie d’un environnement particulièrement favorable de croissance et de finances publiques saines, soutenu par des politiques monétaires pragmatiques et réactives. Nous avons opté pour les dettes d’entreprises car dans le contexte actuel de baisse des besoins de financement de ces pays, les dettes souveraines devraient avoir tendance à diminuer, contrairement aux obligations d’entreprises. Ces dernières devraient représenter cette année les trois quarts des émissions. Par ailleurs, les primes par rapport aux émetteurs des pays développés sont supérieures (26 points de base - pb - pour la catégorie investment grade et 90 pb pour le haut rendement) malgré de meilleurs fondamentaux.

Dans un univers aussi vaste, sur quoi repose votre processus de sélection ?

Pour construire notre portefeuille cible, nous sommes partis des titres composant l’indice ICPC de Merrill Lynch qui est constitué de 709 lignes. Nous suivons une approche « top/down ». C’est à partir de cette analyse détaillée de l’univers macroéconomique des dettes corporate émergentes que nous sélectionnons les titres à inclure dans le portefeuille. Cette approche est d’autant plus essentielle que la disparité d’environnement se retrouve à plusieurs niveaux. Entre les zones géographiques, entre pays de la même zone, au sein même d’un pays et entreprise par entreprise.

De combien de lignes le fonds Objectif Oblig Emergentes 2018 sera-t-il composé ?

Le portefeuille cible compte 33 lignes. Pour y arriver, nous avons passé les valeurs de l’indice Merrill Lynch à travers trois filtres. Le premier a consisté à ne sélectionner que les titres dont l’échéance maximale était 2019. La maturité moyenne est de 5,8 ans. Ensuite, nous avons appliqué un filtre en fonction des pays afin d’en exclure certains comme la Russie, l’Afrique du Sud, l’Argentine ou le Venezuela. Il y a une forte prépondérance de titres émis par des entités d’Amérique latine. Enfin, nous avons éliminé les titres des financières car ces entreprises sont plus complexes à analyser. Du point de vue des notations, le haut rendement pèse 64 %, la notation moyenne étant « BB ». Le rendement brut actuariel atteint environ 7 %.

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