L'avis de... Shogo Maeda, responsable actions japonaises chez Schroders à Tokyo

« Les premières mesures destinées à stimuler le secteur privé fonctionnent »

le 03/10/2013 L'AGEFI Hebdo

Quelle est la priorité de Shinzo Abe ?

La priorité du Premier ministre n’est pas de mettre en œuvre des réformes structurelles mais de mener une stratégie de croissance. Face à l’ampleur de la tâche, Shinzo Abe, qui n’est Premier ministre que depuis neuf mois, s’est d’abord attaqué aux questions les plus urgentes. Son objectif premier a été de stimuler, en redonnant confiance, le secteur privé, la consommation et l’activité des entreprises, les embauches, l’investissement, etc. Force est de constater que les premières mesures prises en ce sens fonctionnent. Est-ce que cela va durer ? L’augmentation de la taxe sur la consommation à 8 % en avril 2014 pourrait freiner cet élan : à ce stade précoce du rétablissement économique, le risque est de renvoyer l’économie à la déflation, ce qui s’est produit la dernière fois que cette taxe a été rehaussée, en 1997, sous le Premier ministre Ryutaro Hashimoto. C’est pourquoi, en contrepartie de cette mesure - prise pour démontrer à l’extérieur du pays que des efforts sont réalisés afin de réduire la dette publique -, Shinzo Abe propose cette fois un programme destiné à stimuler l’investissement.

Quelle va être la stratégie tarifaire adoptée dans le cadre de l’accord de libre-échange Trans-Pacific Partnership (TPP) ?

Après la réévaluation de la taxe sur la consommation, cet accord est le deuxième point très important à l’ordre du jour de Shinzo Abe. Quelques compromis pourraient être consentis. Nous ne connaissons pas tous les détails des négociations actuelles mais nous estimons que certaines mesures protectionnistes devraient être assouplies, en particulier dans l’agriculture. Ce geste est nécessaire pour que les négociations réussissent.

Dans quels secteurs d’activité japonais investissez-vous ?

Nous apprécions particulièrement les secteurs des télécoms, des matières premières et de l’automobile, qui profitent à l’export de la baisse du yen. Tandis que les constructeurs chinois perdent des parts de marchés en Asie (hors Chine), l’industrie japonaise, qui en détient près de 80 %, continue d’en gagner. Par ailleurs, même si les cours des entreprises susceptibles de bénéficier des Jeux olympiques de 2020, dans l’immobilier et la construction, ont subitement bondi, nous y restons sous-exposés. Ces deux secteurs souffrent d’un manque de perspectives de croissance de long terme, de risque de dérapage de leurs coûts et de valorisations trop élevées. Le succès des Jeux a surtout renforcé la crédibilité de Shinzo Abe ainsi que la probabilité de réussite de sa politique antidéflation.

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