L’avis de… Frédéric Pétiniot, directeur général d’Amadeis

« Des portefeuilles plus défensifs, avec 10 % d’actions de moins qu’en 2008 »

le 27/10/2011 L'AGEFI Hebdo

Quelle a été la réaction des institutionnels ?

Après un début d’année encourageant, le choc estival a surpris tout le monde par sa soudaineté et son intensité. Les investisseurs qui ont mis en place les dispositifs les plus flexibles en matière de pilotage d’allocation d’actifs ont pu réagir en réduisant leur exposition actions. Toutefois, beaucoup « font le dos rond ». Les investisseurs qui nous sollicitent s’inscrivent dans une logique de long terme et ont intégré le risque actions, en amont, au moment de la définition de leur allocation stratégique. Ils sont normalement capables de supporter des baisses de marché. D’autant que, à l’inverse de 2008, les portefeuilles étaient structurellement plus défensifs, avec environ 10 % d’actions de moins qu’à l’époque. Ce nouveau choc renforce l’intérêt des investisseurs pour les dispositifs qui offrent une bonne réactivité. Ils sont en demande d’expertise en la matière, ce qui explique leur intérêt pour les fonds flexibles et le recours aux consultants. L’assistance au pilotage tactique des portefeuilles constitue l’une des expertises les plus demandées actuellement dans le cadre des missions de conseil que nous réalisons.

Il semblerait que la situation du marché actions ne les préoccupe pas au plus haut point...

Si, la baisse des marchés les concerne au plus haut point, surtout qu’elle survient moins de trois ans après un premier choc d’une extrême violence ! Mais ils sont également très préoccupés par l’évolution des marchés obligataires. Les obligations, qui représentent souvent plus de la moitié de leur portefeuille, constituaient une source de rentabilité très régulière, relativement peu risquée depuis près de trente ans. C’était le socle stable sur lequel les fonds étaient construits. Or on se rend compte aujourd’hui que ce socle peut se fissurer et que les obligations d’Etat de la zone euro ne sont pas forcément sans risques. Cela nécessite de repenser les portefeuilles et passe par un changement « culturel » majeur.

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