Pictet AM affirme ses ambitions sur le segment institutionnel

le 07/03/2013 L'AGEFI Hebdo

L’entité française, qui a collecté 350 millions d’euros l’an passé dans la gestion d’actifs, entend doubler ses encours à plus de 6 milliards d’euros d’ici à cinq ans.

L’objectif est ambitieux. « Nous projetons de doubler nos encours en France d’ici à cinq ans », confie à L’Agefi Hebdo Hervé Thiard, directeur général en charge du marché institutionnel de la banque suisse Pictet en France et dont les fonctions ont été élargies en début d’année au Benelux. Au sein du pôle gestion d’actifs (Pictet Asset Management - AM), l’une des deux branches du groupe en France au côté de la banque privée, les encours s’élevaient à fin janvier à 3,2 milliards d’euros, portant l’objectif à 6,4 milliards d’ici à 2018. Dans un contexte où les fonds de droit français ont accusé des rachats nets de 13,3 milliards l’an passé, « l’offensive des sociétés étrangères semble de plus en plus marquée. Le nombre de fonds étrangers autorisés à la commercialisation en France enregistre une progression remarquable de 12 % », relève EuroPerformance dans le cadre d’un bilan sur la gestion collective. Pictet AM, qui commercialise des fonds de droit luxembourgeois dans l’Hexagone, y a enregistré en 2012 une collecte nette de 350 millions d’euros (contre 8 milliards, pour 110 milliards d’euros d’encours au niveau groupe).

Dans la distribution intermédiée, « les fonds de fonds représentent la majorité de nos clients, explique le dirigeant. Ce phénomène devrait s’inverser au profit des banques privées, qui basculent de plus en plus vers une architecture ouverte. Nous développons avec elles une logique de partenariat en profondeur ».

Plusieurs leviers activés

Sur le segment institutionnels, la part des formules dédiées (mandats ou fonds dédiés) a vocation à s’accroître. « Se positionner sur les mandats est plus facile pour un acteur local que pour un acteur étranger qui, comme nous, n’a pas de société de gestion en France, observe Hervé Thiard. Depuis notre implantation en 2004, nous gagnons du terrain. La part des formules dédiées devrait atteindre à terme 30 % de nos encours, contre 10 % actuellement (et 40 % au niveau groupe). »

Alors que le groupe Pictet, tout comme son concurrent Lombard Odier, fait évoluer sa structure juridique, passant d’un statut de société de personnes à celui de société anonyme en 2014, « cela ne modifie en rien le statut de la succursale parisienne. En revanche, le fait de pouvoir communiquer nos données bilancielles pourra nous faciliter l’accès à certains investisseurs dans le cadre d’appels d’offres », estime Hervé Thiard. Parallèlement, « nous souhaitons à long terme servir la demande des investisseurs particuliers et rendre accessibles nos produits aux guichets des banques. Nos encours devraient être répartis à terme à hauteur de 40 % auprès des institutionnels (contre 30 % actuellement), 40 % dans la distribution intermédiée (70 % aujourd’hui) et 20 % liés à des achats spontanés de particuliers », prévoit Hervé Thiard.

L’accroissement des actifs ne passera pas par une participation au mouvement de consolidation entamé par le secteur. « Pictet n’a jamais procédé à des opérations de croissance externe, souligne Hervé Thiard. Parmi d'autres facteurs, la crainte de dilution de la culture d’entreprise explique en partie cette prudence. » Le pôle prévoit en revanche de se renforcer en interne. « Notre équipe, composée de huit personnes, devrait accueillir deux à trois collaborateurs supplémentaires, déclare le dirigeant. A l’image du groupe, nous ne sommes pas à la recherche d’économies d’échelle. Le parallélisme entre croissance des encours et des équipes est total. »

Au Benelux, où des bureaux ont récemment été ouverts à Bruxelles et Amsterdam, l’ambition se révèle similaire à celle de l’équipe française. « Un doublement des encours est aussi visé », indique le dirigeant. Les encours, non communiqués, se révèlent supérieurs à ceux gérés par Pictet AM en France.

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