Dossier Matières premières agricoles

Peu de choix parmi les fonds

le 22/11/2012 L'AGEFI Hebdo

Si les investisseurs disposent d’une large palette de fonds indiciels, l’offre de produits activement gérés est plus limitée.

Depuis son lancement en 2006, le fonds de Schroders investi en direct dans les matières premières agricoles a dégagé une performance annualisée de 2,9 %, de quoi protéger de l’inflation. « Les investisseurs institutionnels s’intéressent à ce type de produit dans une optique de diversification et de couverture contre l’inflation », explique Jean-Philippe Olivier, responsable de la gestion discrétionnaire chez BNPP IP, dont le fonds Parvest World Agriculture affiche un gain annuel de 3,8 % depuis sa création. Malgré cet intérêt, le secteur reste modeste et assez confidentiel, certains intervenants ne souhaitant pas s’afficher en raison des problèmes éthiques posés par l’investissement en direct sur les matières premières agricoles.

Comme dans toutes les stratégies d’investissement sur les matières premières, l’industrie se répartit en deux catégories de fonds : ceux investis en direct et ceux en actions. Pour les gérants spécialisés dans les matières premières agricoles, les fonds actions n’offrent pas le même profil de risque. Ils sont le plus souvent positionnés sur l’ensemble de la chaîne agroalimentaire, de la production à la distribution. Et même si certains fonds comme celui d’Amundi se concentrent sur l’amont, ils n’ont guère les mêmes caractéristiques qu’un fonds directement investi sur les matières premières (lire l'entretien).

« Il existe beaucoup de fonds diversifiés mais peu de fonds purs », précise Benjamin Louvet, associé gérant chez Prim’Finance, société de gestion spécialisée dans l’investissement en matières premières. L’essentiel de l’offre est constituée par les ETP (exchange-traded products). L’ensemble des produits cotés en Europe pesait 3,9 milliards de dollars à fin octobre, selon le cabinet ETFGI. Ces ETP reposent soit sur des indices de matières premières agricoles larges, soit sur certains produits agricoles comme le blé, le coton, le sucre ou le soja. Deux acteurs dominent ce segment, Société Générale et ETF Securities avec respectivement 36 % et 28 % de parts de marché environ. Contrairement à ETF Securities, qui est présent sur toutes les matières premières, Société Générale se concentre sur le « grain » (blé, maïs, soja) où il est largement leader. Pour des raisons évidentes de diversification, les produits investis dans ces matières premières ne sont généralement pas des ETF (fonds) mais des ETC (exchange-traded commodities) ou des ETN (exchange-traded notes). Ils sont répliqués de façon synthétique, via des swaps de performance ou des futures.

Gestion active

A côté de ces produits indiciels, quelques fonds cherchent à tirer parti des évolutions des prix des matières premières agricoles en gérant activement leurs portefeuilles. Mais leur nombre est limité, ce qui s’explique par les spécificités de la thématique. Le britannique Schroders a été pionnier avec Schroder Agriculture Fund. Ce fonds, l’un des plus importants de sa catégorie avec près de 600 millions d’euros d’actifs sous gestion, est géré avec une approche à la fois top-down et bottom-up. Il est actuellement fermé à la souscription. Les gérants de Prim’Finance adoptent la même double analyse en fonction de l’environnement économique, puis par matières premières pour mettre en œuvre leur allocation dans le fonds Prim’Agriculture. « L’exposition aux différentes matières premières et l’allocation sont flexibles, relève Benjamin Louvet. Une fois cette allocation constituée, nous allons passer un accord d'échange de performances avec une banque. » Le fonds de BNPP IP va quant à lui chercher son principal moteur de performance dans l’optimisation de la courbe des futures de matières premières agricoles. « Notre principal moteur de performance va être d’optimiser l’allocation aux différentes maturités, souligne Charles Cresteil, commodities product specialist chez THEAM. Nous allons prendre des positions sur différentes échéances en fonction de notre analyse du marché. Nous pouvons aussi faire des choix d'allocation par rapport à l’indice. » A l’instar de Prim’Finance, le fonds de BNPP IP passe par plusieurs swaps de performance. Son objectif est de surperformer de 2 % à 3 % son indice de référence avec une tracking error comprise entre 3 % et 6 %, avec un horizon d'investissement de 5 ans minimum.

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