Centenaire de L'Agefi - Volet 9

Pétrole : le premier « choc »

le 21/04/2011 L'AGEFI Hebdo

Le lundi 8 octobre 1973, l’ensemble des médias mondiaux se font l’écho d’un nouvel affrontement armé entre Israéliens et Arabes. « Le monde a de nouveau les yeux tournés vers le Proche-Orient, écrit L’Agefi en une, où a éclaté ce qu’il faut bien appeler la quatrième guerre israélo-arabe ». Ce sera « la guerre du Kippour ». « Et, ajoute L’Agefi, comme toujours, ce sont les compagnies pétrolières et les consommateurs occidentaux qui risquent d’en faire les frais. » Si le journal ne s’embarrasse pas ici de considérations politiques et humaines, son commentaire est fondé. En quelques jours, le prix du baril monte en raison des incertitudes sur l’approvisionnement après l’interruption du trafic par le canal de Suez. Il monte encore lorsqu’une contre-attaque amène les troupes israéliennes à franchir le canal et à s’installer à portée de canon du Caire. Pendant que, dans les capitales occidentales, on échafaude des plans de rationnement, les pays arabes producteurs d’or noir menacent pour la première fois d’utiliser l’arme du pétrole contre les pays occidentaux qui fournissent des armes à Israël, au premier rang desquels les Etats-Unis. Au terme de trois semaines d’opérations militaires et d’un cessez-le-feu, les producteurs arabes réunis à Vienne décideront d’augmenter fortement le prix du baril à 5 dollars. Mais surtout ils changeront les règles du jeu entre consommateurs et producteurs en imposant que les prix soient déterminés par le marché et non plus par des contrats de long terme avec les compagnies pétrolières, occidentales dans leur grande majorité. Résultat : en quelques mois, le prix du baril sera multiplié par quatre. Ce sera le premier « choc pétrolier » de l’ère moderne. Mais pas le dernier...

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