Dossier Marché actions

PEA PME, les sociétés de gestion dans les starting-blocks

le 23/01/2014 L'AGEFI Hebdo

Elles comptent utiliser la nouvelle enveloppe fiscale destinée aux particuliers pour lancer plusieurs produits.

Créé par la loi de finances 2014, le PEA PME permet aux épargnants d'investir en PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) dans un cadre fiscal favorable. « C'est une opportunité pour les réseaux de distribution dans l'exercice de leur mission de conseil en diversification de l'épargne », analyse Christian Theulot, le directeur marketing et développement du pôle retail d'Amundi. D'autres sociétés de gestion ont pris de l'avance en lançant leurs produits ces dernières semaines, à l'instar d'Amiral Gestion, Delta Asset Management, Dorval Finance, Financière de l'Echiquier, Oddo Asset Management ou Tocqueville Finance.

Les fonds éligibles au PEA PME doivent respecter certaines contraintes : ils s'engagent à détenir au minimum 75 % de titres éligibles, dont au moins 50 % d'actions. Ces titres éligibles sont des PME et des ETI de moins de 5.000 salariés, réalisant un chiffre d'affaires inférieur à 1,5 milliard d'euros ou dont le total bilan est inférieur à 2 milliards d'euros. Un quart du portefeuille peut donc, en théorie, être investi en obligations émises par des PME-ETI éligibles. « On devrait assister au développement de fonds spécialisés dans les obligations de PME-ETI, analyse Laure Delahousse, directrice de la gestion d'actifs de l'AFG. Ils pourront être utilisés en complément de fonds spécialisés sur l'investissement en actions pour diversifier l'investissement. Mais encore faut-il qu'une instruction fiscale permette ce dispositif et précise bien que les fonds de fonds sont éligibles au PEA PME. »

Autre possibilité, on peut imaginer, à terme, des fonds hybrides investis en titres cotés et non cotés. « Nous travaillons actuellement avec l'AMF [Autorité des marchés financiers, NDLR] pour voir si les structures juridiques existantes autorisent l'investissement à la fois sur des titres cotés et non cotés au sein d'un même fonds. Le besoin ne s'était pas fait sentir jusque-là, complète Laure Delahousse, mais les réflexions actuelles sur l'orientation d'une partie de l'épargne des ménages vers le financement des PME et des ETI changent la donne. »

Premiers fonds créés

Pour l'heure, la très grande majorité des fonds éligibles au PEA PME créés ou à l'aube de leur création sont exclusivement investis en actions de PME cotées. Mais au-delà de ce point commun, les produits se distinguent par leur univers d'investissement ainsi que sur le type de capitalisations boursières, des microcaps aux midcaps. « Nous avons choisi l'univers d'investissement le plus large possible, donc l'Europe, indique Guillaume Chieusse, le gérant du fonds Oddo Active Smaller Companies, le fonds est certes éligible au PEA PME, mais il a vocation à être distribué ailleurs en Europe auprès de clients particuliers et institutionnels ». Gérant 4 milliards d'euros sur les midcaps européennes, Oddo AM saisit l'opportunité française du PEA PME pour lancer un produit à diffusion plus large. « Nous l'avons créé dès novembre afin d'absorber au plus vite les frais liés à la constitution du portefeuille et de pouvoir présenter rapidement un historique de performance », complète Guillaume Chieusse. De son côté, Amundi a transformé un fonds existant en produit éligible. « 60 % du portefeuille d'Amundi Small Caps Euro correspondait déjà aux critères d'éligibilité. Il était donc simple de transformer ce produit, qui s'appelle désormais Amundi Actions PME, pour le rendre éligible plutôt que de procéder à une création 'ex nihilo' », explique Eric Turjeman, directeur adjoint de la gestion actions d'Amundi. Mais la maison a créé d'autres fonds, dont la gestion est identique, aux couleurs des réseaux LCL, Société Générale et Crédit du Nord.

Quel que soit leur positionnement, toutes les sociétés de gestion mettent l'accent sur la liquidité. « Les contraintes d'éligibilité au PEA PME autorisent jusqu'à 25 % de cash en portefeuille, puisque les titres éligibles doivent représenter au minimum 75 %. Nous n'hésiterons pas à utiliser cette marge de manœuvre pour garantir la liquidité à nos clients dans toutes les conditions de marché », indique Louis Bert, président de Dorval Finance.

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