Rencontre avec… Pierre Bollon, délégué général de l’Association française de la gestion financière (AFG)

« Le PEA-PME, un signal positif pour le développement de l’épargne longue »

le 05/09/2013 L'AGEFI Hebdo

En quoi la création du PEA-PME est-elle une bonne nouvelle pour la gestion française ?

Alors que s’étaient accumulées jusque-là les mauvaises nouvelles sur le terrain de la fiscalité de l’épargne, cette annonce est un premier signal positif pour le développement de l’épargne longue et en actions mais aussi pour le financement de l’économie. C’est une mesure que nous appelions de nos vœux. Ce produit permettra d’investir dans des titres de PME cotées et non cotées, majoritairement en actions, même si ce PEA-PME sera ouvert aux obligations d’entreprises mais pour une part minoritaire. A ce stade, nous ne savons pas encore si ce PEA-PME sera un produit distinct ou une poche des PEA traditionnels. Nous plaidons pour qu'il puisse être distinct afin de stimuler la concurrence entre les établissements distributeurs.

Ce produit peut-il redonner du dynamisme à la collecte ?

Beaucoup va dépendre de la mobilisation des distributeurs, des banques et conseillers en investissements financiers. Pour leur part, les sociétés de gestion vont se mobiliser pour proposer une offre adaptée, que ce soit via des mandats ou des fonds. Pour ces derniers, nous allons voir avec les pouvoirs publics, Trésor et Autorité des marchés financiers, sur quels points la réglementation pourrait être adaptée afin de proposer des organismes de placement collectif dont l'orientation de gestion corresponde au futur PEA-PME.

Les sociétés de gestion seront-elles prêtes au 1er

janvier 2014 ?

Le délai est court. Certains fonds, comme les fonds small caps, correspondent à l'évidence déjà au PEA-PME. Il en va de même des FCPR (fonds communs de placement à risque, NDLR). Des fonds ad hoc « PEA-PME » pourraient aussi être créés. Plus globalement, il est essentiel que cette mesure soit complétée, comme cela d’ailleurs est annoncé, par un dispositif moins pénalisant en matière de taxation des plus-values sur valeurs mobilières.

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