Rencontre avec... Philippe Bardol, directeur d’Ubifrance au Japon

« Le pays se relève et se renforce grâce à la croissance de l’Asie de l’Est »

le 13/10/2011 L'AGEFI Hebdo

L’économie japonaise s’est-elle remise du choc du 11 mars ?

Les entreprises nippones ont été très réactives et l’activité industrielle a déjà retrouvé son niveau d’avant la catastrophe. Même l’industrie automobile, dont l’outil de production a été très touché par le séisme, s’est redressée plus rapidement que prévu. La part qu’elle produit à destination du marché japonais s’est réduite, certes, mais les ventes à l’extérieur du Japon se sont renforcées. Tandis que l’industrie était confrontée à des difficultés d’approvisionnement en électricité et à des coupures dans les chaînes logistiques, tout le reste de l’économie a continué de fonctionner normalement. Certains secteurs d’activité ont été très dynamiques comme la téléphonie mobile, les technologies de l’information, le stockage de données à l’extérieur (cloud computing, ou informatique dématérialisée, NDLR) et même la mode. Des marques spécialistes du fast fashion (renouvellement des collections en accéléré, NDLR) ont poursuivi leurs grands projets de développement, concrétisés par l’ouverture de plusieurs grands magasins sur l’ensemble du territoire cette année et en 2012. Le moral des consommateurs aussi a repris des couleurs avec une baisse notoire du taux de chômage en septembre.

La contraction de la demande mondiale inquiète-t-elle les Japonais ?

L’affaiblissement de la croissance mondiale inquiète mais la crise européenne et sa contagion aux marchés financiers ne sont pas les sujets qui préoccupent le plus les Japonais. Ils sont surtout attentifs à la gestion de l’après-Fukushima. D’ailleurs, l’économie japonaise est la mieux placée pour résister à un fort repli de la demande venant des pays occidentaux grâce à sa forte présence dans les pays voisins. Le Japon est le gagnant de la croissance de l’Asie de l’Est : un tiers des filiales des entreprises nippones implantées à l’extérieur sont basées en Chine, soient 30.000 filiales. Elles sont 6.000 aux Etats-Unis. Pour autant, toujours en quête de nouvelles technologies, le Japon scrute également l’Europe. C’est ainsi que NTT Docomo, Dai Nippon Printing, NEC, Panasonic, Sony et Ashisuto se sont tournées vers Ubifrance afin de les mettre en relation avec des partenaires français.

Une autre politique énergétique est-elle à l’étude ?

La nouvelle feuille de route en la matière ne devrait pas être présentée avant la mi-2012. L’accent sera sans doute mis sur les énergies renouvelables et les économies d’énergie. Les Japonais sont en train de tirer des conclusions du test réussi de l’été, au cours duquel les entreprises ont su s’adapter à une réduction de 15 % de leur consommation habituelle d’électricité.

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