L'avis de... Gyorgy Kovacs, économiste chez UBS

« Le pays est dans une meilleure position que le Portugal ou l’Espagne »

le 02/05/2013 L'AGEFI Hebdo

La Slovénie peut-elle éviter de demander une aide à l’Union européenne ?

Le principal risque pour la Slovénie est de perdre son accès au marché à des taux d’intérêt raisonnables. Récemment, il y a eu des pas dans la bonne direction et des annonces positives du gouvernement, comme une émission réussie de bons du Trésor et un rachat de dette, qui allègent la pression à court terme. Mais le gouvernement doit faire des progrès dans la mise en œuvre de son plan de restructuration et de recapitalisation des banques, installer une « bad bank » d’ici à juin, commencer à privatiser des entreprises publiques et continuer à consolider les finances publiques. Bien sûr, une récession plus profonde que prévu et ses répercussions sur les finances des banques, des entreprises et de l’Etat rendraient plus difficile la levée de fonds.

Pourquoi la Slovénie a-t-elle émis si peu d’obligations par le passé ?

Il y a une combinaison de problèmes. Premièrement, l’instabilité politique. Le gouvernement précédent, formé après des élections anticipées fin 2011, a tenu à peine plus d’un an. Deuxièmement, la crise européenne et l’aversion au risque grandissante au premier semestre 2012 ont compliqué l’accès au marché des pays vulnérables sur le plan macroéconomique. L’idée d’un sauvetage est apparue pour la première fois mi-2012, lorsque les investisseurs ont commencé à se focaliser sur le coût des prêts non performants et sur les désaccords politiques sur les mesures de consolidation fiscale. Le fait que KBC n’ait pas voulu participer à la recapitalisation de NLB, dans laquelle la banque belge avait une participation, n’a pas aidé. Dans ce contexte, le gouvernement a décidé d’émettre des obligations en dollars en octobre.

La Slovénie pose-t-elle un risque systémique ?

Je ne le pense pas. Par certains aspects, la Slovénie ressemble à certains pays périphériques de la zone euro. Elle a connu le même genre de boom et de mauvaise allocation du crédit, avec des banques qui augmentaient leur exposition à des entreprises immobilières. Mais elle bénéficie de plusieurs facteurs positifs. Son taux d’endettement était faible au début de la crise financière en 2008, et devrait rester au-dessous de la moyenne de la zone euro. Elle n’est entrée dans la zone euro qu’en 2007, donc elle n’a pas eu beaucoup de temps pour accumuler les déséquilibres financiers. Et ses banques n’ont pas autant d’opérations transfrontalières que certaines dans les pays périphériques. La Slovénie est donc dans une meilleure position que le Portugal ou l’Espagne.

 

A lire aussi