L'avis de... Aymeric Poizot, responsable européen du pôle fonds et gestion d’actifs de Fitch Ratings

« Partir à la conquête du marché de la distribution internationale »

le 29/03/2012 L'AGEFI Hebdo

Face à la décollecte de leur marché domestique, les trois grands gestionnaires d’actifs français* filiales de banques doivent-ils revoir leur dispositif ?

Ils ont déjà assaini leur base de coûts lors de fusions (Natexis et Ixis Asset Management - AM - ; Crédit Agricole et Société Générale AM ; BNP Paribas et Fortis Investments). Mais hors monétaires, quasiment aucun de leurs fonds ne dispose d’encours de plusieurs milliards d’euros. Il faut réduire les gammes pour créer de véritables fonds phares dans les catégories les plus porteuses et là où ils ont une réelle expertise. L’amélioration des performances passe aussi par un changement culturel, avec une responsabilisation accrue des gérants et un système de rémunération plus discriminant.

L’offre est-elle obsolète ?

La situation n’est pas critique car le stock d’encours reste assez stable et diversifié, mais trop tourné vers la gestion taux et zone euro. Sur les 50 plus grands fonds cross-border (transfrontières, NDLR) de dette émergente, seuls deux sont gérés par les grands groupes français. Sur le haut rendement, à eux trois, ils ont moins collecté à l’international que certaines « boutiques ». Ils ne peuvent plus se reposer sur leurs socles historiques (banque de détail, assurance-vie et institutionnels français), en décroissance, mais doivent partir à la conquête du marché de la distribution internationale où la performance et l’originalité des produits comptent davantage que la taille ou le statut de la société de gestion.

Ne sont-ils pas déjà présents à l’étranger ?

Malgré leurs bureaux de représentation, ils sont peu visibles et moins dynamiques dans la distribution pour compte de tiers que les grands indépendants anglo-saxons (Invesco, Pimco, Franklin Templeton, etc.), voire certains français comme Carmignac ou DNCA. La mue du britannique Schroders en 2002-2003, confronté à un marché local difficile, montre qu’il est possible de se réinventer.

*Natixis AM, BNP Paribas Investment Partners et Amundi

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