Paris Orléans se lance sur le marché du capital-investissement secondaire

le 07/07/2011 L'AGEFI Hebdo

La holding cotée de Rothschild considère l’investissement non coté pour compte de tiers comme le troisième pilier de ses activités « bancaires ».

Mireille Klitting et ses quatre collaborateurs sont déjà à pied d’œuvre. Sortie du giron de Natixis Private Equity et arrivée en avril chez Five Arrows Managers (l’une des entités de capital-investissement de Paris Orléans), l’ancienne équipe de Dahlia Partners monte un nouveau véhicule baptisé Five Arrows Secondary Investments (FASO). « Nous sommes en train de lancer ce fonds de secondaire de 200 millions d’euros orienté vers les opérations de petite taille dans les ‘small’ et ‘midcaps’ européennes, annonce Marc-Olivier Laurent, associé-gérant de Rothschild & Cie Banque et président de Five Arrows Managers. Nous espérons lever la moitié de cette somme à la rentrée, le reste d’ici à début 2012. » La nouvelle directrice générale de Five Arrows Managers gardera la même stratégie que dans ses deux fonds antérieurs chez Natixis, mais sera sponsorisée cette fois par Paris Orléans et par des clients privés, grandes familles et institutionnels proches de la banque (voir le tableau).

FASO « privilégiera l’investissement direct dans des lignes de portefeuilles de sociétés européennes, mais rachètera aussi des parts de fonds, pour des petits montants compris entre 10 et 40 millions d’euros, explique Mireille Klitting. Nous profiterons du réseau de contacts de Rothschild auprès des ‘midcaps’ européennes. » Pour Paris Orléans, « ce fonds thématique est opportun car de nombreux investisseurs en ‘private equity’ cherchent à rééquilibrer ou alléger leurs portefeuilles et sont donc à la recherche de solutions de liquidité », assure Marc-Olivier Laurent.

Relais de croissance

Le nouveau véhicule s’ajoute à Five Arrows Principal Investments (FAPI), premier fonds lancé en 2009. Leurs stratégies diffèrent, mais tous deux mêlent compte propre et compte de tiers. « Pour ne pas concurrencer les investissements directs du groupe, FAPI se concentre sur les grosses ‘midcaps’ européennes dont la valeur d’entreprise est comprise entre 100 et 500 millions d’euros. Paris Orléans privilégie de son côté d’autres thèmes d’investissement, hors d’Europe, dans le coté, les fonds ou encore l’immobilier, rappelle l’associé-gérant. Jusqu’à récemment, le groupe faisait uniquement des investissements directs sur bilan qui lui ont permis de constituer un portefeuille de participations de 500 millions d’euros. En 2008, il a décidé de faire de cette activité une ligne-métier. »

Ce pôle de merchant banking comprend Five Arrows Managers, qui emploie une quinzaine d’investisseurs de part et d’autre de la Manche, mais aussi R Capital Management, une société de capital-développement de cinq professionnels fondée à Paris en 2001. L’ensemble forme désormais le troisième pilier des activités « bancaires » de Paris Orléans, au côté de la banque d’affaires et du pôle de banque privée et gestion d’actifs. « Sur une base normalisée on peut estimer le niveau de contribution des activités de capital-investissement à environ 20 % du résultat net part du groupe (de 2010 clos fin mars 2011, NDLR), estime David Grinsztajn, analyste chez AlphaValue. Pour autant, la sensibilité des résultats du groupe à la performance de cette activité est amplifiée par le fait qu’à la différence des autres métiers (banque d’affaires et gestion), elle ne fait l’objet que d’une faible ponction de la part d’intérêts minoritaires. » Au cours du dernier exercice, le bénéfice net part du groupe a quadruplé, à 102 millions d’euros, pour un produit net bancaire de 1,21 milliard d’euros, en hausse de 39 %. 

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