L'avis de... Guillaume Bordier, avocat associé de Capstan, membre de Capital Ingenium

« Les opérations d’actionnariat salariés demeurent intéressantes »

le 31/05/2012 L'AGEFI Hebdo

Le succès de l’actionnariat salarié s’effrite-t-il avec la baisse de la Bourse ?

Pas pour l’instant. D’après la deuxième édition de notre enquête réalisée auprès des groupes du CAC 40, à laquelle 22 d’entre eux ont répondu, les opérations d’actionnariat se sont poursuivies en 2011 dans des proportions comparables à celles de 2010. Il faut dire que la majorité des offres a été lancée entre janvier et juillet 2011, avant les turbulences boursières du second semestre. Dans un contexte qui reste difficile, 2012 pourrait donc être plus terne. Cependant, même avec de forts replis des cours de Bourse, comme c’est le cas pour les entreprises du secteur financier, les opérations proposées aux salariés demeurent intéressantes. Les entreprises leur permettent d’acquérir les actions avec une décote ou versent un abondement. Deux amortisseurs loin d’être négligeables. De plus en plus, les salariés bénéficient d’offres avec effets de levier et garanties.

Le poids des salariés dans le capital des entreprises s’accroît-il ?

De prime abord entre 2010 et 2011, la tendance générale a été à l’accroissement du poids des salariés au capital des entreprises du CAC 40. Toutefois, il ne faut pas oublier de rappeler que les deux nouveaux groupes qui sont entrés dans l’indice l’année dernière, Safran et Legrand, disposaient d’un actionnariat salarié plus important que celui des groupes sortants. A l’heure actuelle, le pourcentage médian de capital détenu par les salariés du CAC 40 se situe entre 2 % et 3 % du capital.

Comment expliquez-vous l’échec de la prime sur le partage des profits ?

Les négociations destinées à fixer son montant entre les représentants du personnel et les entreprises se sont déroulées à un mauvais moment, à l’automne, après les versements aux salariés des abondements,

de la participation et de l’intéressement. De fait, la moitié des groupes du CAC 40 qui étaient soumis à cette obligation en 2011 ont versé au titre de cette prime en moyenne 305 euros par salarié.

A lire aussi