OFI AM rêve de gagner ses galons d’acteur européen de la gestion

le 17/05/2012 L'AGEFI Hebdo

La société nourrit de nouvelles ambitions internationales, tout en misant sur le développement de la gestion privée en France.

Après quarante ans d’existence, OFI AM prend une nouvelle dimension. Portée par une collecte nette de 1,7 milliard d’euros, la société de gestion, détenue par la Macif et la Matmut, a franchi pour la première fois de son histoire le seuil des 50 milliards d’euros d’encours à fin mars. Ironie du sort, ce nouvel élan intervient alors que l’établissement vient de perdre l’une de ces figures emblématiques en la personne de Thierry Callault, jusque-là directeur général délégué. « Une personnalité comme celle de Thierry Callault est certes motivante, commente sobrement Gérard Bourret, directeur général d’OFI AM. Mais le vrai leitmotiv, c’est la consistance de nos fonds et de notre gestion. » Ce dernier point a d’ailleurs pesé sur l’année 2011. « Nous avons eu de beaux succès sur les convertibles, dont les encours ont progressé de 100 millions à 1,5 milliard d’euros depuis 2007, relève le dirigeant. Toutefois, certains produits phares, notamment dans la gestion actions, ont déçu et le niveau moyen de notre performance a légèrement baissé. »

Internationalisation

Pour redorer le blason de sa gestion actions, OFI AM a pris le parti de refondre sa gamme, notamment en lui donnant un prisme plus européen. L’enjeu n’est pas anodin à l’heure où le groupe nourrit de nouvelles ambitions hors des frontières de l’Hexagone. « Le développement international constitue l’un de nos enjeux pour 2012 et les années à venir », avance Gérard Bourret. OFI AM n’en est pas à son coup d’essai. Au début des années 2000, le groupe avait déjà commercialisé des fonds à l’étranger (Suisse, Espagne, Allemagne), engrangeant jusqu’à 500 millions d’euros, avant de tout stopper net en raison de la crise. Désormais, l’établissement remet à plat sa démarche. Nouveaux moyens marketing, recrutements dédiés, identification des expertises à exporter… Rien n’est laissé au hasard. « Nous espérons devenir un acteur européen et nous nous en donnons les moyens », insiste Gérard Bourret. Pour y parvenir, la société mise en priorité sur des accords avec des distributeurs locaux. « Nous visons d’abord l’Europe francophone, puis un pays d’Europe du Nord qui pourrait être l’Allemagne ou l’Autriche, explique Gérard Bourret. Nous regardons aussi l’Europe du Sud, en particulier l’Espagne. »

En parallèle, OFI AM pousse ses pions en Asie, à l’image de la licence obtenue en Chine pour gérer un fonds d’actions chinoises locales et, surtout, du partenariat conclu par sa filiale d’incubation NewAlpha AM avec Woori Absolute Partners, deuxième institution financière sud-coréenne. Au quatrième trimestre, les deux sociétés vont d’ailleurs lancer le premier fonds d’incubation de gérants asiatiques, avec une levée de fonds initiale de 50 millions de dollars.

Si l’international est au cœur du nouveau projet de développement d’OFI AM, la compagnie n’entend pas négliger le marché français. Toutefois, constatant que la croissance sur le marché institutionnel français - son cœur de cible historique - est au point mort, la quête des partenariats sera privilégiée. De fait, dans l’attente de la finalisation d’un accord avec un acteur anglo-saxon de poids dans la multigestion alternative, le groupe vient de renforcer son activité de gestion sous mandats. Dans le cadre d’un accord de participation croisée, OFI AM s’est emparé de 20 % du capital d’Egamo, filiale de gestion de la MGEN. « Ce partenariat nous place comme un acteur de premier plan dans l’univers de la protection sociale, souligne Gérard Bourret qui n’exclut pas une alliance plus poussée. Quand il y a des fiançailles, c’est que l’on souhaite aller plus loin. Nous allons déjà essayer de faire des choses ensemble. »

Des ambitions auprès des CGPI

En parallèle, OFI AM entend accélérer le développement de la gestion privée (500 millions d’euros d’encours) auprès des particuliers et, surtout, des 10 millions de sociétaires que comptent Macif, Matmut et Maif. « Cette activité constitue un espoir fort pour les trois ou quatre ans à venir, anticipe Gérard Bourret. A l’avenir, la gestion privée sera plus importante que les autres gestions. » L’homme, qui refuse d’engager son groupe dans une course à la taille et aux encours, reste discret sur ses objectifs chiffrés. Il est cependant plus disert sur ses ambitions auprès des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI), via sa marque OFI Premium (200 millions d’euros d’encours). « C’est un secteur qui se structure et qui va prendre davantage de poids à l’avenir, estime Gérard Bourret. Il serait assez logique d’être à 500 millions ou un milliard d’euros d’encours à moyen terme. »

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