Oddo & Cie accélère la croissance internationale de sa gestion d’actifs

le 13/06/2013 L'AGEFI Hebdo

Outre le lancement d'un premier fonds en renminbi, la société compte s'implanter à Singapour d'ici à fin 2013 pour promouvoir son savoir-faire en Asie.

Oddo & Cie s'ouvre de nouveaux horizons. A l'instar de bon nombre d'acteurs européens de la gestion d'actifs, sa filiale dédiée Oddo Asset Management (Oddo AM) a succombé à la mode des fonds en devise chinoise. Le 18 juin prochain, la société va en effet porter sur les fonts baptismaux son premier véhicule obligataire en renminbi, baptisé Oddo Bonds China RMB. Cette initiative constitue l’une des premières réalisations concrètes de son partenariat noué en avril 2012 avec le courtier chinois Guosen Securities.

L’année 2013 est décidément placée sous le signe de l’Asie pour Oddo AM. Soucieux de poursuivre le développement de ce métier hors de France et d’Europe, « nous avons fait une demande d’agrément pour nous installer à Singapour où nous voulons avoir trois personnes au démarrage, annonce Philippe Oddo, associé-gérant d’Oddo & Cie, qui espère obtenir le feu vert des autorités locales d’ici à fin 2013. L’idée est d’avoir une équipe commerciale sur place pour promouvoir notre savoir-faire dans la zone Asie et, ainsi, être une tête de pont pour notre développement sur les marchés asiatiques ».

Cette nouvelle implantation confirme la volonté d'Oddo AM de se doter d'une plus grande envergure internationale. La société ne part pas d’une page blanche. Depuis 2011, elle a ainsi ouvert trois bureaux hors de France à Milan, Zurich et Francfort en 2012 pour couvrir localement l’Allemagne et l’Autriche. Le succès est visiblement au rendez-vous. L’an dernier, l’international a ainsi drainé 40 % des flux nouveaux sur une collecte nette totale de 600 millions d’euros. Cette dynamique, couplée à un effet de marché positif, a permis à Oddo AM de porter ses encours à 12,7 milliards d’euros fin 2012, contre 11,2 milliards en 2011. Et l’exercice 2013 a d’ores et déjà débuté sous de bons auspices. « Hors monétaire, nous avons une collecte de 400 millions d’euros depuis le début de l’année », souligne Philippe Oddo. De fait, la banque familiale n’a pas ménagé ses efforts pour renforcer ses expertises. « Nous avons un bon savoir-faire sur les 'midcaps', les convertibles ou encore l’'asset allocation', explique Philippe Oddo. Nous avons aussi créé un fonds dédié aux banques et nous avons des projets sur le terrain du ‘minimum variance’. En parallèle, nous renforçons nos expertises sur l’obligataire ‘corporate’ et le 'high yield'. »

Poursuite du courtage

Des projets, Oddo & Cie en nourrit également pour accélérer le développement de sa jeune structure de gestion alternative, Oddo Alternative Investment, créée en juin 2011 dans la foulée du rapprochement avec la Banque d’Orsay qui lui a permis de récupérer une activité pour compte propre. « Sur la base de ce qui existait au sein de la Banque d’Orsay, nous avons amorcé un 'hedge fund' en juin 2011 et créé l’activité de gestion alternative avec un apport de 100 millions d’euros, précise Philippe Oddo. Nous comptons poursuivre le développement de la gestion alternative en amorçant des fonds, pourquoi pas dans les biotechs par exemple. Nous sommes réellement intéressés par l’ouverture du jeu en gestion alternative. »

Trouver de nouveaux relais de croissance constitue une nécessité à l’heure où Oddo & Cie doit tirer un trait sur sa coentreprise en gestion privée avec La Banque Postale. Une activité qui a généré pour la banque familiale un résultat de 3 millions d’euros en 2012, selon les données publiées au Balo. « Je n’étais pas vendeur de notre participation », rappelle Philippe Oddo, qui dit avoir « plusieurs idées pour compenser » l’arrêt de ce partenariat, sans en dévoiler davantage. Car s’il redouble d’efforts en gestion d’actifs, Philippe Oddo n’entend pas délaisser les autres métiers de son groupe. « Nous investissons chaque année 20 % de nos revenus, soit environ 60 millions d’euros, dans la recherche et les systèmes d’information », poursuit-il.

A ce titre, Oddo & Cie n’a pas l’intention de réduire la voilure sur le terrain du courtage actions et de l’intermédiation. « Nous avons perdu de l’argent en 2012 mais nous revenons à l’équilibre en 2013, indique Philippe Oddo. C’est un métier auquel nous sommes attachés et dans lequel nous continuons à investir. Il faut cependant choisir ses spécialités. Nous misons en priorité sur les actions françaises et européennes. » Fidèle à la stratégie de partenariats et de croissance externe qui a fait le succès d’Oddo & Cie, le dirigeant ne s’interdit pas de procéder à des acquisitions pour renforcer davantage ses différentes activités. « La priorité est donnée à la croissance organique, confie toutefois Philippe Oddo. Nous sommes toujours prêts à regarder des dossiers mais nous n’avons rien de prévu à court terme. » Oddo & Cie pourrait donc continuer à faire parler d’elle.

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