Centenaire de L'Agefi - Volet 12

Le numérique, un choix « pour l’avenir »

le 12/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Entretien avec... Patricia Barbizet, administrateur directeur général d’Artémis

Le saut au 100 % numérique représentait un grand risque. Beaucoup de journaux y réfléchissent, rares sont ceux qui passent à l’acte…

Un risque peut-être, mais surtout un virage essentiel pour l’avenir. Plusieurs facteurs nous ont guidés dans le choix de cette mutation. Le type de média, d’abord. L’Agefi est un média communautaire qui s’adresse à plusieurs milliers de lecteurs fidèles et non à un lectorat de masse. C’était une donnée importante pour franchir le pas. La typologie de ce lectorat ensuite. Les lecteurs de L’Agefi étaient eux-mêmes en train de changer leurs pratiques, de voir leurs propres métiers évoluer, leurs propres supports d’information se dématérialiser. En faisant ce saut, nous savions que nous serions compris et nous nous rapprochions encore d’eux. Cette décision a été également motivée par la situation financière de l’entreprise : il fallait faire quelque chose. Le passage au numérique nous a permis de maintenir la qualité et les ambitions éditoriales, tout en assurant l’avenir économique de la structure.

Et puis, il y avait le talent de l’équipe de direction, son expérience, sa modernité d’esprit qui la mettait en capacité de faire le choix de la nouveauté, et sa force de conviction qui lui permettait de mener à bien cette mutation. Enfin, dernier facteur, la nature des revenus de L’Agefi. Hormis les abonnements, les recettes venaient de la publicité financière dont on voyait bien qu’elle était en train d’évoluer avec la montée en puissance d’internet. Il fallait prendre en compte ce changement.

Historiquement, L’Agefi a été une marque de référence. Cette réputation avait un peu pâli à la fin du siècle précédent. Avez-vous le sentiment d’avoir contribué à redonner du lustre à cette marque ?

Que L’Agefi soit aujourd’hui, et depuis plusieurs années, redevenue ou devenue une marque de référence, à écouter les gens de la communauté financière, cela ne fait aucun doute. Et le pari n’était pas gagné d’avance dans un univers de concurrence qui s’est très largement diversifié. L’Agefi y est parvenue en faisant le choix de l’exigence de l’information. Et il était d’autant plus difficile de réussir à être les meilleurs dans ce contexte que la rédaction est peu nombreuse et la période assez chahutée sur le plan économique. Condamnée à l’excellence, L’Agefi avait l’obligation d’affirmer sa pertinence et sa différence face à une presse généraliste disposant d’une puissance de feu bien supérieure. Il fallait trouver une qualité et une singularité qui justifiaient qu’on continue à s’y abonner. Pour cela, il était important de ne pas vouloir tout faire, de ne pas perdre notre âme, de rester sur l’information financière et économique et de concentrer nos forces. Je crois que l’on peut aujourd’hui se satisfaire pleinement du résultat et saluer le travail des équipes.

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